La visite de Marylise Léon ce jeudi 10 septembre à Toulon arrive à point nommé pour le syndicat CFDT Défense Méditerranée. Car deux élections professionnelles déterminantes se profilent : celles de la fonction publique, du 3 au 10 décembre, et celles de Naval Group, du 8 au 15 octobre. Quatrième syndicat (derrière FO, l’Unsa et la CGT) sur la base navale où quelque 6 500 civils travaillent, la CFDT a donc une carte à jouer, et fait appel à sa médiatique secrétaire nationale pour susciter l’intérêt des salariés. « En 2022 Laurent Berger était venu mais il était monté sur un sous-marin. Là nous l’emmenons au plus près des métiers, dans les hangars où il fait chaud avec la canicule, mais aussi dans les bureaux à Naval Group », précise Fabien Scharff, secrétaire du Syndicat Défense Méditerranée qui revendique 1 223 adhérents dont 280 à Naval group.

Où les revendications sont assez différentes de celles des personnels civils du secteur défense, soit près de 10 000 personnes dans la région. « À l’arsenal, le point essentiel est celui de la revalorisation salariale, avec la valeur du point d’indice gelée depuis des années et le coût de la vie qui explose. Cela crée un manque d’attractivité, avec de plus en plus de demandes de ruptures conventionnelles ; les gens préfèrent créer leur entreprise. Dans le domaine de la cybersécurité, dans le privé, la différence de salaires par rapport au secteur public les écœure », estime le syndicaliste qui pointe aussi « le stress lié aux réorganisations incessantes. »

Ce jeudi, Marylise Léon, après un déjeuner aux côtés des autorités de la base de défense, et une rencontre avec les militants et adhérents CFDT, visitera ainsi notamment l’atelier du service logistique de la Marine et rencontrera des salariés de Naval Group. « Où les salaires au contraire sont plutôt attractifs. Le sujet de préoccupation est plutôt celui de la déconnexion, en particulier parmi les cadres. Le déplacement des activités de Saint-Tropez vers le site des Bormettes à La Londe-les-Maures génère aussi du stress, la crainte qu’il soit sous-dimensionné par rapport au carnet de commandes. »

Autant de sujets que souhaitent aborder ce jeudi les militants CFDT, qui organisent aussi une conférence de presse en milieu d’après-midi.