Jordan Bardella et Marine Le Pen, le 2 septembre 2025. BERTRAND GUAY / AFP
Quelle serait la politique de la France vis-à-vis de l’aide à l’Ukraine face à la Russie si le Rassemblement national (RN) arrivait au pouvoir en 2027 ? « On coupe le robinet », prévoit Louis Aliot, vice-président du parti d’extrême droite, reçu sur BFMTV jeudi 3 septembre. Une position qui suscite une vague de critiques, et qui embarrasse le parti, qui peine à faire oublier ses penchants pro-Poutine et au sein duquel la question russe fait régulièrement l’objet de prises de bec.
« Couper le robinet à l’Ukraine, c’est servir la Russie », a ainsi réagi l’ex-Premier ministre Edouard Philippe, candidat Horizons à la présidentielle, sur X. Avant de tacler : « Vous ne ferez oublier à personne vos liens avec la Russie. » Même réaction du côté de Gabriel Attal, également ex-Premier ministre et candidat à la présidentielle : « Couper le robinet à l’Ukraine […] C’est laisser Vladimir Poutine gagner. »
Votes contre le soutien à l’Ukraine
Le patron du parti, Jordan Bardella, a tenté de nuancer la proposition. Depuis le Royaume-Uni, où il est venu s’afficher avec son allié anti-européen Nigel Farage, l’eurodéputé a déclaré vendredi que dans le cas d’une victoire du RN à la présidentielle, « la France continuera évidemment d’honorer ses engagements internationaux, les engagements qu’elle a pris, mais […] nous ne nous interdisons rien ».
Reste qu’au Parlement européen, Jordan Bardella a quasi systématiquement voté contre ou s’est abstenu quand il a fallu soutenir l’Ukraine ou des pays victimes des attaques hybrides du Kremlin, comme nous le détaillions dans cet article.
Reçue au Kremlin en 2017, épinglée par ses adversaires pour des positions jugées conciliantes avec Vladimir Poutine ainsi que pour un prêt contracté auprès d’une banque russe dans les années 2010, la candidate du parti à la flamme, Marine Le Pen, a répondu en disant qu’elle plaidait « depuis l’agression russe contre l’Ukraine » pour « une grande conférence pour la paix » afin d’aboutir à « un règlement diplomatique » du conflit.
« Cheval de Troie de la Russie »
La déclaration de Louis Aliot a aussi fait réagit à gauche. « Le RN n’a jamais changé. Il préférera toujours Poutine à la résistance du peuple ukrainien », a commenté sur X Olivier Faure, patron du PS et candidat à la présidentielle. « Le parti de la capitulation ne doit pas prendre le pouvoir en 2027 », a lancé son rival dans la primaire de la gauche Raphaël Glucksmann (Place publique) sur X.
« Le Rassemblement national montre son vrai visage : pour eux, une possible victoire de Poutine en Ukraine n’est pas un problème, c’est même plutôt ce qu’ils recherchent », a attaqué la patronne des Ecologistes Marine Tondelier depuis Lille ce samedi, qualifiant Marine Le Pen de « cheval de Troie » des « grands ennemis de l’Europe et de la France ».