Depuis l’annonce du 1er juillet 2026, on sait que Sony Interactive Entertainment arrêtera de fabriquer des disques pour les nouveaux jeux PlayStation à partir de janvier 2028. Un virage tout numérique qui fait grincer des dents jusqu’aux anciens dirigeants de la marque.

L’un d’eux, Shawn Layden, ex‑président de PlayStation Worldwide Studios, qualifie même cet avenir sans disques de « déprimant ». Mais dans une récente interview à la newsletter Game, il juge aussi la situation « solvable » et esquisse une voie de survie pour le physique.

Fin des disques PlayStation en 2028 : pourquoi Shawn Layden parle d’un futur « déprimant » ?

Officiellement, Sony promet que les jeux sortis avant 2028 continueront d’exister en Blu‑ray, mais les nouveautés ne seront proposées qu’en téléchargement ou via des boîtes contenant un code. De quoi rendre très crédible l’arrivée d’une PS6 sans lecteur intégré, voire avec un simple module externe.

Pour Shawn Layden, cette stratégie reste avant tout un calcul financier. Il parlait déjà d’une décision « radicale », presque une décision de « tableur Excel » : avec 78 % des ventes de jeux complets déjà dématérialisées, maintenir une chaîne industrielle pour une minorité devient coûteux et risqué. Aux États‑Unis, le marché des jeux physiques neufs pèse encore 1,5 Md $ (environ 1,4 Md €), au plus bas depuis 1995, et en France le SELL chiffre le physique à seulement 12 % du software en 2024.

Licencier le pressage : la solution de Shawn Layden pour sauver les jeux physiques PlayStation

Ce qui inquiète Layden, ce n’est pas l’absence de demande. Selon lui, « le marché a montré qu’il continue d’acheter des disques ». Le vrai verrou, c’est que Sony garde la main sur le procédé de pressage via Sony DADC et son usine de Thalgau, en Autriche. La récente mise au point du groupe sur une baisse d’environ 10 % des volumes en 2028 ne change d’ailleurs rien à ce constat.

Contrairement aux jeux Xbox, produits par des usines tierces « authorized replicators », aucun fabricant indépendant ne peut presser légalement des disques PlayStation. « À moins qu’ils ne décident de licencier ce procédé à certains de ces fabricants de disques sur mesure, il n’y a aucun moyen d’y parvenir », résume Layden, qui voit là la seule porte de sortie pour le physique.

Avenir sans disques PlayStation : que restera‑t‑il vraiment aux joueurs français ?

Pour les joueurs français, un avenir sans disques PlayStation signifie moins de concurrence sur les prix, donc des promotions plus rares que chez les revendeurs physiques. Avec des licences numériques qui restent de simples droits d’usage, c’est aussi la disparition progressive du marché de l’occasion, des rayons Micromania aux étals des brocantes.

Licencier le pressage à des fabricants tiers ouvrirait la voie à des tirages limités pour les ultra‑fans : éditions collector, versions complètes, voire boîtes premium comme celles que prépare déjà CD Projekt Red pour The Witcher 4. Reste à voir si Sony acceptera de transformer le disque PlayStation en produit de niche plutôt que de le laisser disparaître.