Une fois la porte de la boutique « Naturellement fleurs », rue de Fougères, passée, on entre dans l’univers de la trentenaire parmi les bouquets et les différentes compositions florales. C’est là qu’elle travaille depuis 7 ans comme salariée auprès du gérant des lieux Jean-Michel Charrier. Et la jeune femme y est dans son élément : « Toute ma vie est rythmée par les fleurs. C’est une vraie passion le truc qui m’anime le plus. C’est chouette ». Pour autant, le chemin qu’elle a suivi pour devenir fleuriste n’a pas été une évidence dès le départ. « J’ai toujours eu plein d’indices autour de moi. Mon frère est paysagiste. Mes parents ont toujours eu un très beau jardin, j’étais toujours dehors, mais j’ai jamais pensé devenir fleuriste ».
« La révélation de ma vie »
C’est après des études supérieures d’art dans le domaine du visuel merchandising et de la décoration intérieure que le déclic survient. « Il y avait un peu trop d’ordinateurs, trop de plans, trop de logiciels. J’avais envie de quelque chose toujours dans le domaine créatif, mais de plus concret. Un jour, mon meilleur ami m’a dit : « Pauline pourquoi tu ne ferais pas fleuriste tu es toujours dans les fleurs ». Et là, c’est devenu clair ». Elle passe alors un CAP de fleuriste en un an et un BP (Brevet Professionnel) en deux ans. Après un apprentissage à Saint-Brieuc, elle fait ses premiers pas dans la boutique rennaise où elle travaille depuis 2019. « Dès le 1er jour, ça a tout de suite été la révélation de ma vie. Les fleurs ont apporté beaucoup de sens à ma vie ».
Pauline travaille depuis 7 ans comme salariée à la boutique « Naturellement Fleurs » auprès du gérant des lieux Jean-Michel Charrier. (Le Télégramme/Erwan Miloux)Le challenge des concours
Plus que jamais motivée par ce métier passion, elle se lance alors des challenges en participant à différents concours. En 2020, elle s’inscrit à l’Oscar du meilleur jeune fleuriste, un concours réservé aux moins de 30 ans : « J’étais encore en BP, c’était ma première expérience en la matière. Les résultats n’étaient pas au rendez-vous, mais ça m’a donné un peu le goût à tout ça ». Optimiste et combative, elle retente sa chance l’année suivante et remporte cette fois le concours. Elle participe ensuite deux fois à la finale nationale : « J’étais encore trop jeune dans le milieu du concours pour obtenir des résultats. Je n’avais pas assez d’expérience notamment pour gérer le stress ». Elle persévère et décroche une troisième place au concours Piverdie en 2024 puis décroche en 2025 la première place de la Palladium Flower Cup et de coupe Oasis qui lui ouvre les portes de la coupe de France de cette année. « Je suis fière de pouvoir y représenter la région. »
« Être au sommet de mon art »
Et ce concours qui se déroulera le 4 et 5 octobre à Reims, elle le prépare depuis environ un mois. « Je travaille avec ma famille. Je mets au point une structure de grande taille sur laquelle je mettrais ensuite des fleurs ». Pour ce faire, elle a investi le garage de chez ses parents à Rohan (56). « Dans deux semaines, je réalise un essai de fleurs pour voir ce qui va bien marcher ou pas ». Un soutien qu’elle reçoit aussi de son patron qui a lui-même concouru à deux reprises pour la coupe de France de la discipline : « Sans Jean-Michel, je ne pourrais pas faire tout ça. Il m’aide financièrement, car la participation a un coût et il aménage aussi mes horaires en conséquence ». Lors du concours, Pauline aura ainsi deux jours et demi pour réaliser six prestations sur des thèmes libres et imposés. Et si elle s’engage dans la compétition, ce n’est pas pour faire de la figuration : « J’ai toujours eu envie d’apprendre toutes les techniques possibles dans ma recherche dans ma pratique. C’est important pour moi d’exceller. J’ai toujours eu à cœur d’être au sommet de mon art. Et les concours permettent d’accéder à cette excellence. Je le fais aussi pour moi pour me faire plaisir. Ça me permet de laisser s’exprimer ma personnalité, mon cœur. C’est aussi une façon d’avoir la reconnaissance de mes pairs ».
Une histoire de transmission
Un objectif important pour Pauline, qui souhaite ouvrir à son tour sa propre boutique. L’aboutissement d’une histoire de transmission d’un savoir-faire entre le patron des lieux et la jeune femme qui à son tour partage son amour du métier avec des élèves. Elle est ainsi depuis quatre ans, formatrice au CFA de Merdrignac (22) : « J’enseigne les arts appliqués, et la technique florale aux élèves de BP. Je leur apprends à réaliser des bouquets à réaliser des bijoux à base de fleurs ».
En attendant, la prof revoit ses gammes pour briguer « le Graal » et ramener la coupe à la maison. Et après ? « Pourquoi pas le concours du meilleur ouvrier de France dans quelques années » lance-t-elle en souriant. Affaire à suivre.