Posted On 5 septembre 2026
Le 1er septembre, jour de rentrée pour des dizaines de milliers d’écoliers grenoblois, la majorité municipale a trouvé le temps de faire naître un nouveau site internet. Pendant que 17 classes fermaient faute d’effectifs, que l’école maternelle Berriat subissait un cambriolage commis 3 jours avant la rentrée, et que le dossier des écoles occupées tournait à la débandade communicationnelle, « Grenoble Change » voyait le jour. Un « média » qui s’avère en fait être un outil au service d’une seule cause : sauver l’image déjà désastreuse de Laurence Ruffin.
UN « MÉDIA » NÉ DIRECTEMENT DE LA MAJORITÉ MUNICIPALE
La manœuvre est grossière puisque l’opération est directement portée par le groupe « Oui Grenoble », comme l’indique le site lui-même. Or « Oui Grenoble » n’est pas un collectif de citoyens tombé du ciel, c’est le nom de la liste électorale de Laurence Ruffin pour les municipales, et désormais le nom du groupe de la majorité au conseil municipal. Ce groupe est présidé par les adjoints Vincent Berlandis (PS) et Isabelle Peters (PCF). Et ils sont responsables de la publication du site à ce titre.
Les mentions légales du site sont claires.
« GRENOBLE CHANGE », VENDAIT DÉJÀ PIOLLE EN 2014
Coïncidence qui n’en est pas une : le service presse de la Ville de Grenoble avait lui-même diffusé un dossier de presse intitulé « Grenoble change », consacré au bilan des « 6 mois d’actions municipales »… d’Eric Piolle en 2014 ! Même slogan et même signature politique que son mentor : Ruffin continue de recycler le Piollisme par tous les bouts. Sur le fond, il faut leur concéder : Grenoble change, effectivement. En très mal.
« Grenoble Change »… en septembre 2014.
UNE RENTRÉE QUI PART EN VRILLE
On comprend donc la tentation de lancer un site de propagande tant le bilan à vendre est calamiteux. En cette seule rentrée, 17 classes fermées à la rentrée à cause de l’exode d’habitants que subit Grenoble à cause des Verts, l’école Berriat cambriolée le week-end précédent, les crèches Malherbe et 3 Pôm dévalisées cet été, et surtout ce psychodrame des écoles occupées où la mairie a brandi une menace de plainte avant de reculer piteusement, la qualifiant d’« acte considéré comme très administratif ». Voilà rien que pour ces derniers jours.
L’AVEU D’UN BILAN ET D’UNE IMAGE CATASTROPHE
Le plus savoureux, c’est que le site avoue lui-même cette mission : « valoriser les avancées de notre ville » (bon courage) et « lutter contre le Grenoble bashing ». Toujours cette fable selon laquelle pointer ce qui ne va pas dans l’action municipale reviendrait à tout rejeter en bloc de Grenoble. Mais ainsi ils admettent eux-mêmes que leur image est si dégradée qu’il leur faut désormais un outil dédié pour tenter de la changer. On appréciera au passage la catégorie « Fake News » proposée au menu d’un site piloté par une équipe elle-même adepte des contre-vérités sans aucune gêne.
UN VERNIS « MÉDIA » POUR UN OUTIL 100% PARTISAN
La transparence s’arrête là, parce que pour le reste, le site tente de singer un média d’information généraliste à l’apparence à priori la plus neutre possible, alors que « Grenoble Change » n’est rien d’autre qu’une vitrine de la majorité municipale. Ce n’est pas un média qui parle de Grenoble : c’est la majorité municipale qui parle d’elle-même et tente de se valoriser politiquement, et ce aux frais du contribuable grenoblois.
Les Verts tentent un ton humoristique pour un exercice qui n’a rien de drôle : faire oublier leur gestion catastrophe
LES GRENOBLOIS PAYENT POUR QUE LA MAJORITÉ RUFFIN FASSE SA COMM’
Car le site étant assumé comme émanant de Oui Grenoble avec 2 adjoints présidents de groupe en directeurs de publication, il est assez clair que ce sont les moyens de ce groupe politique de la majorité constitué au conseil municipal, qui dispose d’une dotation de fonctionnement de la ville et de crédits pour rémunérer des collaborateurs, qui sont mis à contribution pour l’alimenter. Le contribuable grenoblois se retrouve à financer un outil de propagande politicien.
LA PROPAGANDE PLUTÔT QUE LES ACTES
« Grenoble Change » s’ajoute à un arsenal déjà pléthorique en la matière. La Chambre régionale des comptes chiffre à 3,3 millions d’euros annuels le budget de la communication municipale, sans compter le service « coordination générale » et ses 16 agents, qui fonctionnent comme un cabinet bis. Le magazine « Gre.mag », la page Facebook de la ville mise à contribution pour la promotion personnelle de Laurence Ruffin, et maintenant « Grenoble Change » : chaque euro englouti dans l’image est un euro qui ne va pas vers l’insécurité, le logement ou le commerce en berne.
Source Hervé de Greuh!noble
PENDANT QUE LA COMM’ TOURNE, LES GRENOBLOIS TRINQUENT
Voilà donc le vrai visage de ce nouveau « média » : ni plus ni moins qu’un prolongement de l’appareil de communication qui, depuis 12 ans, tient lieu de politique publique à Grenoble. Piolle avait ses biennales, ses magazines et ses officines militantes ; Ruffin a désormais son propre site aux couleurs de sa liste de campagne. Le fond ne change jamais : pendant que la ville s’enfonce, l’énergie de la majorité se concentre sur l’image plutôt que sur l’action.

