Décédé il y a quelques jours, Jean-François Leroy était le parrain des rencontres photographiques Regards.
À travers ses souvenirs, Jean Dauriach revient sur la rencontre avec celui qui fut l’une des grandes figures de la photographie et du photo-journalisme et sur le rôle qu’il a joué aux côtés de Regards.
Comment Jean-François Leroy est-il devenu le parrain de Regards ?
Au moment de la création de Regards, nous cherchions un parrain. Nous souhaitions qu’il s’agisse d’une personne reconnue du monde de la photographie, quelqu’un qui puisse véritablement accompagner cette aventure. Nous avons donc sollicité Jean-François Leroy alors co-directeur de Visa pour l’image. Il a accepté spontanément avec son humour et de son franc-parler, il a lancé un énigmatique commentaire : « Je vais me faire des ennemis ».
Qu’est-ce qui vous a séduit chez lui ?
Jean-François était quelqu’un d’engagé, il ne restait pas à distance, il défendait la photographie et les photographes et avait une certaine idée du photojournalisme. Il avait la capacité de provoquer les discussions, à bousculer les habitudes, il avait toujours la volonté de faire avancer les choses. C’est également ce qui faisait sa force.
Vous avez gardé le souvenir d’un homme très présent auprès de Regards ?
Sa présence comptait : il avait accepté de s’associer à cette aventure alors que Regards était à ses débuts. Le 23 mai 1992, lors de la première édition du festival, j’ai vu sa longue silhouette qui se profilait dans la rue, face à ma maison, il nous a fait la surprise de sa présence à l’occasion de cette première. Il est revenu en 1995 pour la rencontre avec Annie et Pierre Boulad et présenter la soirée de Regards.
Quel souvenir gardez-vous de son rapport aux photographes ?
Il savait les défendre, les accompagner et également leur dire les choses franchement. Ce qui frappait chez lui c’était son énergie. Il était un véritable passeur. Il rendait les rencontres vivantes et donnait envie de découvrir les travaux présentés.
Avec le recul, que représentait son soutien pour Regards ?
C’était un encouragement considérable, c’était bénéficier de la confiance d’un homme qui avait contribué à faire connaître le photojournalisme à un très large public.
Comment souhaitez-vous que l’on se souvienne de lui aujourd’hui ?
Jean-François Leroy avait du caractère ! C’était un passionné, et un passeur.
Quel est le mot qui le définit ?
Un seul mot : « Fidèle ». Sa disparition nous plonge dans la tristesse, mais son souvenir restera longtemps dans nos pensées, et dans l’histoire de la photographie. Parrain de Regards mais également un homme de rencontres, de convictions, c’est cette personne libre et généreuse que nous souhaitons saluer.