Publié le
4 sept. 2026 à 20h24
; mis à jour le 4 sept. 2026 à 20h39
Nouveau rebondissement dans le dossier du piratage massif du fisc, survenu fin juin et fin juillet. Un membre présumé du groupe de pirates Zerobytes, âgé de 18 ans à peine, a été mis en examen et placé en détention provisoire à Paris.
Un deuxième suspect, âgé de moins de 16 ans, a également été interpellé et placé en garde à vue, mais libéré ensuite, a précisé le parquet, après des informations de Franceinfo et du Monde. Les enquêteurs vont désormais exploiter son matériel informatique.
Interrogé par l’AFP, l’avocat de ce dernier, Me Reda Ghilaci, n’a pas souhaité commenter.
Le piratage du fisc a entraîné le vol de données d’au moins 678 000 particuliers et professionnels, selon la direction générale des finances publiques (DGFiP). Il n’a été porté à la connaissance du grand public que mi-août, lorsqu’un groupe de pirates informatiques baptisé Zerobytes, et se présentant comme un duo, l’a revendiqué.
Le ministre des Comptes présente ses excuses
Le gouvernement s’est saisi du dossier, Sébastien Lecornu demandant un audit à l’agence nationale de la sécurité des systèmes d’information (Anssi) et le ministre des Comptes publics, David Amiel, présentant ses excuses aux contribuables touchés. Sans attendre, la justice avait ouvert en toute discrétion une enquête, a-t-on appris auprès du parquet vendredi. Dès la « réception des premières plaintes », le 31 juillet, et donc avant la revendication de l’attaque, l’affaire, sensible, a été confiée à l’Office anti-cybercriminalité (Ofac).
L’homme de 18 ans, qui réside en région parisienne, a été arrêté dès le 18 août et mis en examen deux jours plus tard. Il s’agit d’un pirate chevronné, connu de la police. Et de la justice : il avait été mis en examen déjà deux fois, dans deux dossiers d’attaques informatiques commises en 2023 et 2024, alors qu’il était encore mineur. Il était sous contrôle judiciaire depuis.
De plus en plus de mineurs auteurs d’infractions
Dans le dossier du fisc, il encourt une peine de 10 ans d’emprisonnement et de 300 000 euros d’amende pour une série de cyberinfractions, ainsi que pour association de malfaiteurs. Sollicitées, ses avocates, Mes Camille Lucotte et Sofia Massou, n’ont pas souhaité s’exprimer.
D’une manière générale, le parquet chargé de la lutte anticybercriminalité a constaté ces derniers mois « une recrudescence des mineurs commettant des infractions » dans ce domaine, avait expliqué Johanna Brousse, la magistrate qui le dirige, appelant à « déconstruire le mythe du héros hacker », dans une interview à l’AFP lundi.
Personnalisez votre actualité en ajoutant vos villes et médias en favori avec Mon Actu.