Par

Timothée L’Angevin

Publié le

6 sept. 2026 à 6h46

Un « CH » en noir sur fond blanc à l’arrière d’une voiture suisse. Un « UK » sur un véhicule venu du Royaume-Uni. Et, à côté, des voitures allemandes, espagnoles ou belges qui n’affichent aucun grand sigle. Sur les routes françaises, cette différence concernant les véhicules étrangers peut intriguer les automobilistes. Elle tient à une règle simple : lorsqu’une voiture circule à l’étranger, son pays d’immatriculation doit pouvoir être identifié.

Le principe figure dans la convention de Vienne sur la circulation routière : une voiture en « circulation internationale » doit porter à l’arrière le signe distinctif de l’État où elle est immatriculée. Voilà donc à quoi servent ces lettres. Elles ne donnent pas la nationalité du conducteur, mais indiquent le pays d’immatriculation de son véhicule.

Pour beaucoup d’Européens, les lettres sont déjà sur la plaque

Mais alors, pourquoi les voitures allemandes n’arborent-elles pas toutes un grand « D » lorsqu’elles arrivent en France ? Regardez leur plaque. La réponse se trouve généralement à gauche, dans la bande bleue ornée des étoiles européennes. Le « D » pour l’Allemagne y figure déjà, comme le « E » pour l’Espagne, le « I » pour l’Italie ou le « B » pour la Belgique, et le « F » pour la France, explique Touteleurope.

C’est ce que l’on appelle l’« eurobande », qui permet justement d’éviter d’ajouter un signe distinctif ailleurs sur le véhicule. Un règlement européen de 1998 prévoit que le code du pays intégré à gauche de la plaque, selon le modèle européen, est reconnu comme équivalent aux autres signes permettant d’identifier le pays d’immatriculation. Les États membres doivent donc le reconnaître lorsqu’un véhicule circule d’un pays de l’Union européenne à un autre.

Lorsqu’un véhicule circule avec une ancienne plaque qui ne comporte pas l’eurobande, l’automobiliste est contraint d’ajouter un signe distinctif à l’arrière du véhicule pour circuler à l’étranger. C’est pour cette raison que l’on voit parfois des véhicules allemands avec un gros sigle « D », ou espagnols avec un « E ».

Pourquoi les voitures suisses ont-elles un « CH » ?

Les Suisses, qui n’appartiennent pas à l’UE, rappelons-le, doivent donc avoir un signe distinctif : le « CH » (pour Confédération helvétique). Les autorités helvétiques sont très claires sur son utilisation : il doit être apposé à l’arrière des véhicules immatriculés en Suisse lorsqu’ils partent à l’étranger.

Vous devez apposer un signe distinctif de nationalité à l’arrière des véhicules automobiles et des remorques immatriculés en Suisse avec lesquels vous vous rendez à l’étranger.

Office fédéral de la douane et de la sécurité des frontières

Et pourquoi « UK » plutôt que « GB » ?

Même principe pour les véhicules britanniques, avec une particularité : depuis 2021, c’est « UK » (pour United Kingdom) qui est utilisé à la place de l’ancien « GB » (Great Britain).

Le gouvernement britannique indique ainsi qu’un autocollant séparé n’est pas nécessaire en France si la plaque affiche déjà « UK » avec l’Union Jack. En revanche, il faut notamment ajouter le signe « UK » si la plaque ne comporte que son numéro, si elle porte encore « GB » ou le symbole de l’Union européenne.

On voit également, depuis 2022 et le début de la guerre en Ukraine, de plus en plus de « UA », pour Ukraine.

Personnalisez votre actualité en ajoutant vos villes et médias en favori avec Mon Actu.