INFO VA. Figurant dans deux clips au profit d’une salle de sport, le numéro deux de la police municipale marseillaise, Mehdi Benmaklouf, fait de nouveau parler de lui. D’autant qu’il utilise les moyens de la collectivité. La municipalité ne précise pas si une convention a été signée.

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Par Nicolas Boutin

Publié le 6 septembre 2026 à 8h30

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Une voiture de police déboule. L’agent sort. Pistolet à la ceinture. Uniforme sur le dos. Il s’approche d’un autre individu arrivé dans une voiture de grosse cylindré. Les deux se rapprochent, se font face, presque tête contre tête, comme un duel dans le Far West. L’homme en marcel l’invite, d’un signe de la tête à entrer dans le bâtiment. Le policier le suit et s’engouffre dans la salle vitrée.

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Ce n’est pas un récit d’une intervention de la police municipale marseillaise. Il s’agit de la retranscription des images d’un clip promotionnel tourné pour le compte de La Saillance coaching, une entreprise spécialisée dans la musculation. Le clip annonce une rencontre le 19 septembre prochain, avec « MehdiKLegion ».

Une journée « police contre jeunes des quartiers »

Derrière ce pseudo qui renvoie vers une page Instagram privée, se cache le numéro deux de la police municipale de Marseille, Mehdi Benmaklouf. Le fonctionnaire apparaît d’ailleurs dans une seconde vidéo, dans la salle de sport, toujours l’arme à la ceinture, en uniforme, en train d’alterner tractions, haltères et course sur le tapis. Le tout sur fond d’une musique de rap.

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Sur le réseau social Tik Tok de la salle de sport, c’est cette fois une policière en tenue et visiblement en service qui se filme avec le gérant, en pleine rue, avenue du Prado, reprenant la devise de l’entreprise : « il n’y a qu’une seule issue, la saillance ». Ils donnent rendez-vous le 19 septembre pour un événement « police contre jeunes de quartiers ». L’agent appartient à la brigade de nuit de la police municipale de Marseille, un service pour lequel Mehdi Benmaklouf a servi dans le passé, selon plusieurs sources internes.

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En juin dernier, les agents de la police municipale avaient déjà honoré un premier rendez-vous sur la plage du Prado. « Une matinée exceptionnelle où les jeunes des quartiers et les forces de la Police Municipale de Marseille se retrouveront sur un seul terrain : celui du respect, du dépassement de soi et de l’esprit d’équipe », convie la page de la Saillance Coaching sur les réseaux sociaux. Une initiative louable dans une ville où les relations ne sont pas toujours au beau fixe entre voyous et policiers. Au programme : épreuves de musculations, challenge cardio, épreuves aquatiques et relais par équipe, avant une bataille finale pour « désigner les champions du Terrain d’Entente ».

Mehdi Benmaklouf, un « chef » controversé

Est-il en droit d’apparaître ainsi dans la vidéo ? « Ce serait un policier national, il serait devant la commission de discipline dans la foulée », commente un fonctionnaire. « Logiquement, il ne peut être avec son arme en dehors de ses heures de service », souligne un syndicaliste de la police municipale. Une convention a-t-elle été signée entre la municipalité et l’entreprise, également déposée en association en mars 2026, ce qui justifierait la présence du policier sur ses heures de travail ? Ni la municipalité, ni la salle de sport n’a répondu à nos sollicitations.

Le policier n’est pas inconnu de nos colonnes. En avril 2025, le responsable du pôle proximité, en charge « de la totalité des unités opérationnelles et la déclinaison de la sectorisation », comme il se présente sur sa page LinkedIn, est pointé du doigt par plusieurs sources internes à la police municipale. Certains de ses collègues l’appellent même « Mehdi Benalla », en référence à l’ancien responsable de sécurité d’Emmanuel Macron, évincé après avoir frappé des manifestants en mai 2018. Si Mehdi Benmaklouf n’a jamais été inquiété pour des violences, il fait régner un climat « délétère » au sein de la « PM », accusé de « faire la pluie et le beau temps » dans le service.

Quelques mois plus tard, il est de nouveau dans le viseur. Cette fois, c’est pour avoir été contrôlé en excès de vitesse à bord de son véhicule de service… à plus de 140 kilomètres de la cité phocéenne, révèle Le Figaro. Il a été sanctionné d’une exclusion temporaire de trois jours, avec retenue de salaire avant de revenir à son poste.

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