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Percutée par une voiture dans le centre-ville de Gaillac, alors qu’elle traversait un passage piéton, Hervette C. est décédée à l’âge de 96 ans. Le conducteur à l’origine du drame vient d’être jugé à Albi pour homicide involontaire. Ce viticulteur de 68 ans, placé sous curatelle, assure ne pas s’être rendu compte du choc qui a coûté la vie à la nonagénaire. Les détails.

Thierry P. a été jugé cette semaine par le tribunal correctionnel d’Albi pour homicide involontaire, suite à un accident mortel survenu en mai 2025 dans le centre-ville de Gaillac. Alors qu’il circulait au volant de son utilitaire, cet exploitant viticole âgé aujourd’hui de 68 ans avait percuté une passante qui traversait sur un passage piéton du boulevard Gambetta. 

La victime, Hervette C., 96 ans, s’est retrouvée au sol, inconsciente. Si le premier diagnostic des secours se voulait rassurant, la nonagénaire s’est retrouvée dans le coma après une hémorragie cérébrale. Elle est finalement décédée à l’hôpital deux jours plus tard. Lors de l’accident, Thierry P. ne s’était pas arrêté : il a continué sa route comme si de rien n’était. Ce sont d’autres automobilistes, témoins de la scène, qui l’ont suivi pendant plusieurs minutes. L’un d’entre eux a alpagué le sexagénaire en lui expliquant qu’il venait de renverser une femme. Le prévenu est alors spontanément revenu sur les lieux de l’accident.

Caméras hors service

Le dépistage d’alcoolémie et de stupéfiants s’est avéré être négatif. « Je ne sais pas comment je l’ai touchée », assure-t-il à la barre du tribunal. « Moi, je ne l’ai pas vue ». Face aux gendarmes puis devant un expert psychiatre, Thierry P. semblait douter de sa responsabilité, estimant que si la victime n’avait pas atterri sur son capot, c’est qu’il ne l’avait pas renversée et qu’elle était donc peut-être tombée toute seule.

Les enquêteurs n’ont pas pu s’appuyer sur la vidéosurveillance de la ville pour déterminer les circonstances exactes de l’accident : les caméras installées à cet endroit ne fonctionnaient pas, comme l’a rappelé le président de l’audience. Mais les déclarations des témoins et les dégâts constatés à l’avant gauche de son véhicule ne laissent guère de place au doute. À la barre du tribunal, Thierry P. a plus ou moins reconnu les faits, sans pour autant être en mesure de s’expliquer. « Il ne sait pas ce qui s’est passé mais il assume ses responsabilités », a expliqué son avocat, Me Herin-Amabile.

Une famille endeuillée

Placé sous curatelle il y a quelques années suite à « une grosse déprime et à un syndrome de Diogène », le sexagénaire souffre aussi de crises d’épilepsie mais assure que son état de santé n’a pas de lien avec l’accident. S’il a déjà commis un « gros excès de vitesse » il y a une dizaine d’années, avec une suspension de permis à la clé, son casier judiciaire est toujours vierge. 

Du côté des parties civiles, les nièces et neveux de la défunte étaient représentés au procès par Me Alary. La victime, résidente d’un Ehpad de Gaillac, vivait seule et n’avait pas d’enfants. Un de ses neveux a expliqué qu’elle appréciait les promenades quotidiennes à travers la ville. Elle se rendait probablement au parc Foucaud lorsqu’elle a été percutée par le prévenu. Un accident « aux conséquences dramatiques pour la famille », a souligné la procureure Lucile Clinet, en insistant sur le défaut de vigilance du conducteur.

Le tribunal a reconnu Thierry P. coupable des faits reprochés et l’a condamné à une peine de 12 mois de prison avec sursis et à une annulation de son permis de conduire, avec interdiction de le repasser pendant 6 mois. Il devra également indemniser la famille de la défunte à hauteur de plus de 20 000 euros.