Par
Rédaction Bernay
Publié le
6 sept. 2026 à 12h00
Mario Fourmy est installé depuis le 1er janvier 2026 à Franqueville (Eure). Après avoir passé des années en vacances à Caorches-Saint-Nicolas chez des amis, il a décidé de venir s’installer dans la région. « Au fil du temps, je suis littéralement tombé amoureux de la vallée de la Risle, de sa campagne. Quand j’ai décidé de faire le grand saut pour venir vivre ici, j’ai choisi cette maison à Franqueville », nous confie-t-il.
Voilà huit mois qu’il découvre son village, Brionne toute proche et les avantages de vivre en pleine campagne à a peine plus d’une heure en train de la capitale. « Quand ça fonctionne ! »
Le « 330e habitant »
« Je suis le 330e habitant de ce village qui compte 132 boîtes aux lettres. » Ces chiffres modestes l’amusent beaucoup, lui qui a passé la plus grande partie de sa vie dans des mégapoles.
Vivre ici ne lui pose professionnellement aucun problème. « Photographe-journaliste, je travaille avec une agence de presse Abaca Presse, basée à Paris. Je lui envoie des photos de la vie d’ici, elle les rediffuse. »
Il se trouve que la vie rurale, quotidienne ou exceptionnelle, intéresse la presse tant nationale qu’internationale en termes d’illustrations. Ce ne sont pas des images très fréquentes.

Photo d’éclipse à Franqueville. « Un photographe professionnel n’improvise pas. Pour l’éclipse, je suis allé repérer la veille, pour mesurer le moment ou le soleil passerait devant le clocher. » ©Mario FourmyIl s’intéresse à tout
« Au fil du temps et des saisons, je documente les facettes de l’agriculture par exemple, mais aussi des évènements, comme une grosse manœuvre interdépartementale sur la sécurité des incendies de forêt, détaille le photographe. Ça tombait bien, parce que ça a été le sujet phare de cet été. Je m’intéresse de près à tout ce qui peut se dérouler ici, et pourrait avoir de l’intérêt pour l’agence. »
Avec son fils, il a participé au nettoyage de la mare du village « et surtout au sauvetage des carassins, ces petits poissons qui essayaient de survivre faute d’eau à cause de la sécheresse. » « Il y avait la découverte du biotope, mais également de la cohésion des habitants pour entretenir le bien du village. C’est très symbolique. »
Il a donc largement de quoi faire professionnellement parlant.
L’inspiration est au quotidien. Je regarde ce qui se passe, et en mesure l’intérêt, je me déplace, comme pour le déraillement de train du côté de Carentan en janvier dernier. Je me suis dit que c’était révélateur d’un problème global de la SNCF : la vétusté des lignes.
Mario Fourmy, photographe
Montrer les « défaillances du système »
Selon lui « ce sont des signes, entre guillemets locaux, mais qui, ramenés à la notion du national, sont une défaillance du système. Donc il faut en parler et il faut le montrer. »
Après avoir été sur les incendies des deux scieries, il a constaté qu’ici, en période de sécheresse, le feu s’étend à une vitesse affolante. « L’herbe sèche est pire que de l’amadou. Un camion de pompier a brûlé ! Il n’a pas pu être dégagé assez vite. »

A Franqueville, sur l’interieur du mur du jardin ©CP
La découverte de la nature et du silence sont aussi les raisons du bien-être manifeste de Mario Fourmy. « Les oiseaux, que j’ai nourris tout l’hiver ont désormais une nouvelle escale de ravitaillement, et moi, je prends un plaisir infini à les observer. Quant à la quête du silence, c’était, pour le citadin que j’étais, primordial. »
Vivre ici n’est donc que du bonus. « J’ai trouvé une vraie qualité de vie. J’aurais dû prendre cette décision plus tôt ! »
Mario Fourmy n’est pas venu les mains vides à Franqueville. Dans son jardin, il expose une série de grands formats, 1,50 m sur 2 tirés sur aluminium : « Ça pèse 10 kilos ! »
Une exposition présentée rue de Rivoli, au jardin d’acclimatation à Paris, à Levallois et au Venezuela sous une autre forme. « C’est une exposition très pédagogique, vraiment faite pour que les enfants puissent toucher les photos, elles sont à leur hauteur. »
Ces clichés sont actuellement visibles dans le jardin de Mario Fourmy. De plus, un projet est en route avec la municipalité de Brionne… « C’est une affaire à suivre ! »
Happy Culture, exposition visible au 35 route des Mazeris, 27 800 Franqueville. « Passez le portail, et regardez sur le mur qui longe la route. »
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