Publié le
6 sept. 2026 à 11h48
En 2019, Julien Sevestre a fondé la distillerie Franc-Tireur dans un hangar situé dans la zone industrielle de Franqueville-Saint-Pierre. Le premier gin de la marque a été lancé en 2020. Spécialisée dans les spiritueux biologiques et artisanaux, l’entreprise s’est développée avec l’arrivée d’Élodie Barbier-Sevestre, l’épouse de Julien. Ensemble, ils ont élargi leur gamme de produits, comprenant gins, rhums, rhums arrangés, whiskys, pastis et liqueurs, tous à consommer avec modération. Ces produits, distribués via des caves, épiceries, bars et restaurants, ont contribué à la notoriété de la marque auprès des amateurs. Cependant, les locaux actuels de la distillerie, situés dans un hangar aux parois métalliques, sont devenus trop exigus. Le couple a ainsi acquis une ancienne ferme à Boos et a entamé des travaux de rénovation en juillet.
La distillerie s’installe à la ferme
La ferme, composée de trois bâtiments et de plus d’un hectare de terrain, fait l’objet d’un ambitieux projet de restauration et de modernisation. Julien Sevestre explique : « Le bâtiment le plus ancien, datant de 1787, accueillera le chai. Sur une surface trois fois plus grande que celle que nous utilisons aujourd’hui, nous y stockerons nos fûts de chêne pour le vieillissement des whiskys, rhums et gins. L’épaisseur des murs en briques et silex offrira une bonne hygrométrie et une fraîcheur idéale pour les spiritueux. »
Le second bâtiment sera aménagé en lieu de production et abritera l’alambic en cuivre fabriqué dans le Périgord. Ce bâtiment, ancienne étable, conserve sur un de ses murs une inscription réalisée par des soldats canadiens lors de la Libération de la commune. Le troisième bâtiment sera dédié au caveau de dégustation, tandis que l’étage accueillera les services administratifs. Selon le distillateur, ce projet permettra de « pérenniser notre entreprise. De la rendre indépendante et résiliente ».
Des fruits et du public
Le terrain jouera également un rôle central dans l’autonomie recherchée par le couple. Julien Sevestre détaille : « Nous allons planter des arbres fruitiers, ce qui ouvrira une nouvelle page dans notre production. Actuellement, nous achetons nos matières premières à l’extérieur. Nous continuerons de nous approvisionner en céréales chez Triticum et en malt chez Malt Normandie à Bayeux, mais avec ces arbres, nous disposerons de fruits pour concevoir de nouvelles recettes, notamment pour les rhums arrangés ou l’alcool d’eau de vie de pommes ».
Authenticité normande
Par ailleurs, l’ouverture au public est aussi prévue : « Chaque bâtiment permettra de découvrir la distillerie à travers des baies vitrées. Nous avons déjà une forte demande de la part de personnes souhaitant visiter un lieu atypique », précise Élodie Barbier-Sevestre.
Le couple insiste sur leur volonté de préserver le patrimoine local : « Nous ajoutons une image à la distillerie et une identité à notre activité. Nous sommes fiers de participer à la conservation de ce patrimoine grâce au travail d’un bureau d’études, d’un architecte et d’artisans compétents. Cela apportera une véritable authenticité normande à Franc-Tireur, bien au-delà d’un simple coup marketing ».
L’emménagement dans les nouveaux locaux est prévu pour janvier 2027, avec une ouverture au public programmée pour le printemps suivant.
Site : www.distillerie-franc-tireur.com
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