(Actualisé tout du long)
par Max Hunder et Anna Voitenko
Les émissaires américains
Steve Witkoff et Jared Kushner ont rencontré dimanche à Kyiv le
président ukrainien Volodimir Zelensky au lendemain d’un
entretien de trois heures à Moscou avec le président russe
Vladimir Poutine, dans le cadre d’une nouvelle tentative des
Etats-Unis de mettre fin à quatre ans et demi de guerre entre
l’Ukraine et la Russie.
Le président américain Donald Trump, qui avait affirmé avant
son retour à la Maison blanche en 2024 qu’il trouverait
rapidement une issue au conflit, a laissé entendre vendredi que
Washington avait une nouvelle proposition à soumettre à ces deux
pays, sans plus de précisions.
Ses précédentes initiatives n’ont débouché sur aucune
avancée significative et ses représentants semblent une nouvelle
fois ne guère avoir progressé lors de leur rencontre samedi avec
Vladimir Poutine.
Ce dernier a néanmoins qualifié cet entretien de « fortement
utile » et un responsable de la Maison blanche a dit à Reuters
que de nouvelles annonces seraient faites dans les prochaines
semaines.
Avant sa rencontre avec Steve Witkoff et Jared Kushner en
compagnie d’autres responsables ukrainiens de haut rang dans le
centre de Kyiv, Volodimir Zelensky a dit sur les réseaux sociaux
la volonté de l’Ukraine de mettre fin à la guerre.
« Des garanties de sécurité sont nécessaires. Une paix digne
après la guerre est nécessaire. Nous avons formulé des
propositions », a déclaré le président ukrainien.
Volodimir Zelensky considère que l’implication des
Etats-Unis est indispensable à tout accord. Il pense qu’il
existe une fenêtre d’opportunité pour conclure une paix avec la
Russie avant que la classe politique américaine ne bascule
bientôt vers la prochaine élection présidentielle de 2028 aux
Etats-Unis.
Une source informée de cette présence a déclaré à Reuters
que des représentants de la France, de la Grande-Bretagne et de
l’Allemagne pour les questions de sécurité nationale se
trouvaient dimanche à Kyiv. Cette source n’a pas précisé à quels
entretiens participeraient ces émissaires européens.
ESPOIRS
Steve Witkoff et Jared Kushner se sont déjà rendus à
plusieurs reprises à Moscou en tant que médiateurs mais il
s’agit de leur première visite à Kyiv.
Cette venue nourrit les espoirs de certains habitants de la
capitale ukrainienne, bombardée sans relâche par la Russie
depuis plusieurs semaines.
« Le problème peut être réglé en un clin d’oeil. Nous voulons
la paix. J’ai moi-même combattu donc je sais ce qu’est la
guerre. Nous avons besoin de la paix car il n’y a pas d’autre
issue », dit Stepan Yermak, un ancien combattant.
Svitlana Kurylenko, serveuse dans un café, espère pour sa
part « un accord qui ne sera jamais rompu ». « Qu’on laisse
l’Ukraine tranquille et son peuple vivre en paix », dit cette
jeune femme de 19 ans.
Russes et Ukrainiens affichent cependant des positions
impossibles à réconcilier en l’état, aussi bien sur le plan
territorial avec des revendications de Moscou sur des régions
ukrainiennes que Kyiv refuse de céder, que sur l’avenir même de
l’Ukraine et ses volontés de rapprochement avec l’Union
européenne et l’Otan.
Si le front des combats évolue peu au sol, la Russie et
l’Ukraine ont intensifié leurs frappes aériennes dans la
profondeur depuis plusieurs semaines.
La Russie a néanmoins annoncé une pause de ses bombardements
sur Kyiv jusqu’à lundi et Volodimir Zelensky a déclaré que
l’Ukraine s’abstiendrait également de viser Moscou sur cette
période.
L’armée russe a tout de même poursuivi sa campagne de
bombardements sur d’autres villes ukrainiennes samedi tandis que
les forces ukrainiennes ont déclaré dimanche avoir frappé au
cours de la nuit une raffinerie à Riazan, à près de 500 km de la
frontière.
(Max Hunder et Anna Voitenko, avec Yuliia Dysa, version
française Bertrand Boucey)