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«On avait fait construire une maison il y a une vingtaine d’années dans la campagne polonaise, pour les vacances. Alors que la croissance est forte dans le pays et que l’économie allemande est en recul, on part y vivre». L’histoire de Justyna, une polonaise qui est partie vivre à Werne (Rhénanie du Nord-Westphalie) après ses études en quête notamment d’un «salaire plus élevé», n’est pas un cas isolé. Elle fait partie de centaines de milliers de jeunes Polonais qui, au tournant du siècle, quittaient la Pologne post-communiste en quête de meilleures opportunités de vie ailleurs. Et qui désormais, rentrent dans leur pays en pleine croissance économique.

Les derniers chiffres publics racontent la même histoire. En 2025, et pour la deuxième année consécutive, les personnes qui partaient d’Allemagne vers la Pologne étaient plus nombreuses que celles qui faisaient le chemin inverse, a informé le Polish Institute of Economy dans un rapport du 28 août. Royaume-Uni, Pays-Bas… les soldes migratoires entre le pays d’Europe centrale et ceux de l’Ouest s’inversent depuis quelques années. Selon les dernières données de l’Office central des statistiques polonais, environ 1,51 million de citoyens polonais résidaient temporairement à l’étranger fin 2025, soit 21 000 de moins qu’en 2024. Les autorités y voient une aubaine face à la crise démographique et aux pénuries de main-d’œuvre résultantes et développent des politiques d’aide et d’incitation au retour. «Aujourd’hui, les Polonais rentrent d’un peu partout en Europe. Le paysage de l’émigration polonaise est très vaste», observe Dominika Pszczółkowska, chercheuse au Centre de migrations de l’université de Varsovie.