Faire du sport au huitième mois de grossesse ? C’est le quotidien de Raquel Löff joueuse de volley au VBC Chamalières. Entre maternité et carrière professionnelle, la volleyeuse brésilienne prouve qu’il est possible d’allier vie de famille et haut niveau.

C’est un effort intense, empreint de légèreté. Concentration, application et sourire : finalement, pour Raquel Löff, joueuse du VBC Chamalières, c’est une séance comme les autres… à un détail près : Raquel porte son premier enfant. « Je me sens fatiguée, mais bien aussi, car je peux encore bouger et c’est le plus important pour moi, confie la future maman. C’est vraiment difficile si je reste à la maison à ne rien faire, donc je suis contente d’être ici ».

Faire du sport au huitième mois de grossesse, c’est possible… sans pour autant toucher au ballon. Anciennes coéquipières et nouvelles recrues : le soutien à « la mama », comme elles l’appellent, est unanime. « Je la trouve très impressionnante, confie Lauralee, sa coéquipière. Ça prouve que rien n’est impossible, mais après, c’est très dur et ça demande beaucoup de sacrifices. Elle les a faits, et bravo à elle ».

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Volley-ball : la joueuse du VBC Chamalières Raquel Löff prépare sa maternité

©S. Trentesaux / C. Jouvante / B. Courtine / France 3 Auvergne

Raquel peut donc mener une carrière d’athlète professionnelle et devenir mère. Le club la soutient dans son projet de vie et s’adapte. La Brésilienne, blessée en février dernier, n’avait pas pu terminer la saison. Elle est tombée enceinte durant sa convalescence. « Elle aurait pu rentrer au Brésil et revenir après, mais non, elle veut accoucher ici, reconnaît Atman Toubani, le coach de l’équipe. Elle est proche du groupe. On n’a pas l’impression que c’est une joueuse qui a arrêté sa saison. On ne lui mettra aucune pression. S’il faut une saison blanche et ne revenir qu’au mois de janvier ou février, il n’y a aucun problème ».

Dans un mois, pour la reprise, l’une des principales leaders du groupe manquera sur le parquet. Mais à son retour, elle sera sans doute plus forte. « Je pense qu’elle va revenir différemment, confie Anaïs, membre du VBC Chamalières. Elle aura encore plus envie d’être forte et un gain de force mentale. C’est que bénéfique pour elle pour la suite ».

Raquel est installée depuis deux ans en Auvergne avec son amour de jeunesse, Gabi. Ensemble, ils ont fait le choix de devenir parents ici, en France. « C’est le sport qui a rendu ça possible, estime Gabi, son mari. On est à Clermont-Ferrand pour le sport. C’est son rêve de jouer devant son enfant en tribune. Moi, je suis juste le cuisinier et le papa de l’équipe ».

D’ici fin octobre, c’est un petit garçon, Matéo, qui rejoindra cette belle équipe. « Tout est déjà prêt, sourit Raquel. S’il arrive un peu plus tôt, ça ira. Je suis contente parce que c’est le rêve qui arrive ».

Et ce rêve, Raquel se verrait bien le poursuivre à Chamalières. « Quand j’aurai fini ma carrière, je veux être ici, assure-t-elle. Mais ça dépend du club aussi et du temps pendant lequel ils me donneront l’opportunité et le soutien. Mais, pour moi, je crois que je peux jouer pendant plusieurs années ».

En attendant de retrouver les émotions du terrain, la Panthère brésilienne sera la première supportrice de son équipe… bientôt rejointe par un deuxième homme dans sa vie.

Article rédigé à partir du reportage de Stéphane Trentesaux et Christophe Jouvante pour France 3 Auvergne.