Octobre 1992, salon de l’automobile de
Paris tout récemment rebaptisé Mondial. Sur le stand Renault, une
curieuse petite bête pointe son joli museau : la Twingo. Ce modèle
inattendu fait de l’œil à tous les visiteurs. Le public est conquis
! Pourtant, quelle genèse mouvementée…

Pendant près de trente ans, Renault a tenté
d’imaginer une petite voiture qui viendrait se
placer sous les R5 et Clio. Plusieurs projets ont vu le jour,
frôlant parfois la mise en production. Mais tous furent abandonnés.
Heureusement pour certains, tant leurs silhouettes étaient peu
inspirées…

Il y a 34 ans, Renault dévoilait sa première Twingo

Et puis un jour, un très jeune designer à l’esprit libre et au
talent pétillant, Jean-Pierre Ploué, qui sera responsable du style
Citroën dans une vie suivante, entreprend, seul, la
réalisation d’une petite 3 portes. Quelques esquisses. Et une
maquette à l’échelle 1, rapidement oubliée, remisée dans un
sous-sol, dans une boîte en bois pour la protéger. Mais un nouveau
PDG a été nommé : Raymond Lévy. Il veut relancer Renault qui ne va
pas si bien, à la fin des années 80. Il pose la question : “Au
Design, qu’est-ce que vous avez de sympa dans les cartons ?”.
Il voit la petite auto en sommeil depuis un an, et lance :
“Faisons-la !”.

C’est là que les difficultés commencent : la Renault
Twingo
n’était pas prévue dans le plan produit. Le budget
de développement est au ras des pâquerettes. Il va falloir user
d’une imagination débordante pour la réaliser à moindre coût. Et
récupérer, au passage, l’antique moteur Cléon fonte apparu sur la
Renault 8, en 1962… Immédiatement, l’auto séduit. A ce même
Mondial, Fiat
présente la Cinquecento : l’italienne semble désespérément banale
et sérieuse à côté de la jouvencelle française. La Twingo ne va
être mise en vente qu’au printemps suivant, mais déjà, les
commandes pleuvent.

Renault Twingo I : une petite… géante !

Au-delà de son minois craquant, elle ravit les visiteurs avec
son espace géant à bord. Car elle n’est pas une simple 3 portes :
c’est un mini-monospace de 3,43 m ! Avec, de
série, une banquette qui coulisse sur 17 cm. Un
aménagement quasi unique à l’époque. Quelle astuce ! Dans
l’habitacle, les curieux repèrent aussi sa planche de bord :
révolutionnaire. Pas de compteur face au conducteur : il migre au
milieu. Et il est numérique ! Là aussi, très en avance sur son
temps. Quant aux boutons de commande, ils sont verts.

La sellerie aux contours arrondis comme des joues de bébé
réjouit l’œil, avec ses motifs rouges et verts. Et l’habitacle est
baigné de lumière. Sur route, l’auto se comporte bien et le confort
est très appréciable. La conduite se montre souple, facile. Le
plaisir est juste limité par le peu d’agrément offert par le vieux
4 cylindres. Mais les performances, elles, se situent dans une
bonne moyenne. Aujourd’hui, la première génération de Twingo accède peu à peu
au statut de voiture de collection. Encore utilisée au quotidien
par de nombreux Français, elle voit désormais ses premiers
exemplaires, comme celui-ci, commencer à être recherchés.

Comptez autour de 3 000 € pour vous offrir un
exemplaire prêt à rouler, mais pas en état concours.


Essai rétro : Renault Twingo I, un concentré de joie

© Florian Grout / ERAS

  • Essai rétro : Renault Twingo I, un
    concentré de joie

    Octobre 1992, salon de l’automobile
    de Paris tout récemment rebaptisé Mondial. Sur le stand Renault,
    une curieuse petite bête pointe son joli museau : la Twingo.

  • Essai rétro : Renault Twingo I, un
    concentré de joie

    Cette première Twingo fait partie
    des rares voitures qui apportent de la fraîcheur au paysage
    automobile. Pour maximiser le volume à bord, le hayon est
    vertical.

  • Essai rétro : Renault Twingo I, un
    concentré de joie

    Une planche de bord unique !
    Horizontale et dépouillée, elle offre un tout petit afficheur
    central pour le compteur de vitesse. La première année, toutes les
    commandes sont vertes.

  • Essai rétro : Renault Twingo I, un
    concentré de joie

    Sous le capot, le brave mais
    obsolète 4 cylindres Cléon. Dans une voiture aussi novatrice, il
    fait un peu tache… Mais il officie avec une évidente bonne volonté.
    Et avec fiabilité.

  • Essai rétro : Renault Twingo I, un
    concentré de joie

    La silhouette est très personnelle
    et totalement charmante. Les phares de grenouille, les trois prises
    d’air sur le capot, les poignées de portières arrondies : chaque
    détail témoigne d’une vraie fantaisie et participe au caractère
    joyeux de l’ensemble.