Dans le cadre la préparation d’avant saison, Rouen accueille Düsseldorf. La DEG est une équipe allemande historique (membre fondateur de la Bundesliga en 1958 puis de la DEL en 1994) et prestigieuse (champion à 8 reprises en 1967, 72, 75, 90, 91, 92, 93, 96) qui rappelle de lointains et mauvais souvenirs de coupe d’Europe au plus expérimentés d’entre nous (DEG-RHC 11-3 en décembre 1990).

En fin de saison 2025, la relégation sportive en DEL2 de la DEG a entraîné une réduction drastique de son budget. Ses actionnaires ont toutefois évité la relégation économique en Oberliga. En Allemagne, on estime que le budget de Düsseldorf serait supérieur à la moyenne des clubs de DEL 2 qui lui tourne autour de 4 millions. L’équivalent à celui du RHE. Pourtant la DEG, avec Nicholas Baptiste arrivé en cours de saison comme joker dans ses rangs, a fini à la 9e place de la phase régulière (l’objectif était dans les 10 premiers). Düsseldorf a été éliminé en « pré-play-offs », en 2 matches secs, par l’équipe classée 8e, Landshut. C’est ce qui peut expliquer le recrutement conséquent fait cet été. 45% des joueurs ont changé. Un renouvellement cohérent avec l’ambition de remonter en DEL à court terme.

C’est le 5e match amical des Düsseldorfer (3 victoires, 1 défaite). Hier, Düsseldorf a battu Amiens 6-2 au Coliseum. Il s’agit du 7e pour Rouen (2 victoires / 5 défaites).

La DEG aborde la rencontre sans gardien remplaçant. Le vétéran, multi champion de DEL2, Jonas Langmann, recruté à l’intersaison, s’est blessé hier, à Amiens, au cours du 3e tiers. C’est le titulaire de la saison dernière, Niklas Lunemann, de 10 ans son cadet, qui est partant devant la cage ce soir. Les Allemands sont aussi privés de deux atouts offensifs, leur recrue Carter Turnbull qui a réalisé une saison exceptionnelle en Extraliga slovaque (65 points en 51 matches) et l’international japonais Yushiroh Hirano, leur 2e buteur et 3e pointeur de la saison dernière. Les Rouennais, à l’exception de Quemion remplacé par Lechevallier, alignent les mêmes noms et déplore les même absents (Mugnier, Holway, Chakiachvili et Lafrance) que face à Cergy, mardi. La rotation des duos d’arrières est toutefois différente.

Rouen est percutant dès le départ. Éric Landry a débuté avec une ligne qui a le plus d’impact. Les Dragons déploient leur robustesse d’entrée, associé à un échec-avant haut et en nombre. Les joueurs du club rhénan sont d’abord surpris. Dans tous les cas, ils sont un peu pris au dépourvu. Néanmoins, ils travaillent et essaient de se projeter en attaque. Le ton est donné.

Les coéquipiers de Loïc Lampérier sont plus en rythme sur les premières transitions. Robin Colomban en profite. Le joueur de centre récupère un palet sur l’avantage d’une crosse haute de Blumenschein et balaye des poignets un tir croisé du haut du cercle gauche. Son lancer trompe Lunemann à mi-hauteur côté mitaine (1-0 à 3’55). Les hommes du coach autrichien Harry Lange s’accrochent. Ils obtiennent une chance. À bout portant, l’international junior allemand, Mateu Späth, échoue sur Carruth (6’26). En défense, les visiteurs sont tenaces mais parfois sur la corde raide face aux trois premières lignes adverses. Balinson concède un accrocher/retenir/faire trébucher (7’51). Assez discret face à Cergy, le second bloc de power-play rouennais est très inspiré (rééquilibré ?) avec le replacement de Simonsen sur la droite. Il se crée trois occasions. Le slap de Hansson touche le poteau droit (9’28), Simonsen en bonne position met hors cadre (9’37). Malheureusement Cormier n’est pas plus adroit (9’52).

Les patineurs des bords de Seine ne ménagent pas leurs efforts. Ceux de la « Längste Theke der Welt » s’en remettent à leur tenancier. Niklas Lunemann étire sa botte gauche pour sauver un filet possible de Lasch en périphérie de la peinture bleue (15’08). Le gardien descend les jambières alors à la merci de Rech en plein slot (18’49). Dans la dernière minute du premier tiers, Simonsen ne trouve toujours pas la mire (19’39). Comme pour se rassurer à la pause, la DEG, contre le cours du jeu, via l’attaquant de premier trio Erik Bradford, aurait pu surprendre Carruth d’une déviation sur le gong (20’00).

Peu après le retour sur la glace, le RHE a bien négocié une infériorité mineure (de 22’38 à 24’38) qui aurait pu être majeure et pendant laquelle le capitaine de la DEG, Shaw O’Donnell, s’est blessé à la jambe gauche lors d’un engagement (23’40). Il ne reviendra pas au jeu. Seul le tir sur réception de Bradford a apporté un danger sur la cage de Carruth (24’38). Les Rouennais ont ensuite repris leur ouvrage là où ils l’avaient laissés. Après un bon pressing de Simonsen dans le fond gauche et un duel gagné par Cormier. Nikita Shalei s’est avancé jusqu’à l’oreille droite pour trouver la lucarne opposée (2-0 à 26’07). Peu après, surpris par une ramasse, Kristian Blumenschein allongé de tout son long a enlevé du bout de sa crosse une chance pour Lasch. Le genre de geste défensif exécuté dans l’urgence qui vaut un but (28’16).

Ce but est venu juste après. Brett Kemp, 4e pointeur de la DEL2 la saison dernière, est entré en zone avec le puck et de la vitesse. L’attaquant crée un 2 contre 1, inflige un terrible vent à Roy qui a choisi le bloc frontal plutôt qu’une défense à la crosse. Kemp adresse une passe parfaite dans le timing à Järveläinen sur sa gauche. L’ailier enfile dans une cage ouverte (2-1 à 29’20). Les deux joueurs recrues semblent s’entendre à merveille. Jusqu’à présent, le Finlandais a marqué à chacune des rencontres de préparation de la DEG. Les « Rot-Gelben » ont un palet d’égalisation lorsque leur première ligne attaque à trois-contre-un. Le repli normand limite le temps d’exécution et la dernière passe de Corey Mackin pour Bast n’est pas assez précise (29’40).

Les Dragons se remettent difficilement de ce but et entament un long moment faible parcellaire. Ils sont plus souvent acculés. Ils ont des difficultés à sortir proprement de leur zone. Mais travaillent à rester en contrôle dans leur enclave. Cependant, le repli et les transitions d’en face sont loin d’être parfaites. Paradoxalement les offensives les plus dangereuses sont plus nombreuses côté rouennais que du côté de Düsseldorf (Järveläinen à 32’18). Mais, sur les revers des crosses de McClennon (30’30) puis de Baptiste (36’21), elles sont facilement arrêtées par Lunemann. Lorsqu’elles ne sont pas contrées (par Bradford à 31’38) ou pas cadrées (Ritz à 37’06).

Cette prédominance par à-coups permet tout de même aux hommes d’Éric Landry de décrocher un 3e but. Après un remarquable « move » de Tomas Simonsen (une feinte entre ses patins) qui élimine Fischer, dans le slot, face au but, Cormier saisit le palet sorti libre d’une forêt de jambe et de crosses (3-1 à 38’10). Mais rien n’est facile. Il faut la roublardise de Carruth pour que le RHE atteigne la seconde pause avec deux buts d’avance. Le gardien pousse sa cage subtilement, sans être sanctionné, alors que Kemp apporte du danger en ayant éliminé Paquette (38’55).

La dernière période est moins spectaculaire. Deux occasions seulement. Une en faveur de chaque équipe (Bast à 51’57 et Simonsen à 52’52). Les Normands sont mieux organisés sur les entrées de zone adverses. Et les « Eishockey-Altmeister » manquent d’inspiration tactique pour se dépasser et de justesse technique pour dépasser leur hôtes. Düsseldorf réduit l’écart en sortant très tôt son gardien (56’48). Ce premier surnombre d’attaquants leur réussit. Sur un jeu placé après une mise en jeu remportée dans le cercle droit, Erik Bradford dévie un tir frappé de loin par Järveläinen (3-2 à 57’12). Sur le second cage vide allemand, long de plus d’une minute, le score n’a pas changé.

L’attitude des Rouennais a évolué avec cette rencontre. Face a des adversaires à la préparation peut-être moins avancée, ils ont haussé leur implication physique. Sans dévorer leur adversaire, la technique supérieure des Normands, disposant d’arrières plus rapides que les attaquants « allemands », et la présence de la défensive dans le territoire devant le but de Carruth ont permis aux Dragons de remporter cette rencontre de préparation face à un des six favoris à l’accession en DEL.

Poursuivant sa préparation, Rouen ira à Amiens ce lundi et la terminera avec un match à Angers vendredi prochain.

Rouen – Düsseldorf 3-2 (1-0, 2-1, 0-1)
Samedi 5 septembre 2026 à 19h30, à la patinoire Nathalie Pechalat.
Arbitres : Rayan Bernoussi et Jeremy Rauline assistés de Pierre Mercier-Landry et Achille Lefevre.
Pénalités : Rouen 2’ (0’, 2’, 0’) ; Düsseldorf 2’ (2’, 0’, 0’).

Évolution du score :
1-0 à 03’55” : Colomban assisté de Lampérier
2-0 à 26’07” : Shalei assisté de Cormier et Simonsen
2-1 à 29’20” : Järveläinen assisté de Kemp et Bodnarchuk
3-1 à 38’10” : Cormier assisté de Simonsen et Colomban
3-2 à 57’12” : Bradford assisté de Järveläinen et Faber

Rouen

Attaquants :
Loïc Lampérier (C) – Robin Colomban – Connor McClennon
Anthony Rech (A) – Nicholas Baptiste – Ryan Lasch
Tommy Cormier – Nicolas Ritz (A) – Tomas Simonsen
Nicolas Lechevallier – Vincent Nesa – Tommy Perret

Arrières :
Jacob Paquette – Petter Hansson
Pier-Olivier Roy – Nikita Shalei
[Hansson] – Noa Goncalves-Nivelais
Denis Filatov – [Paquette]

Gardien :
Mac Carruth

Remplaçant : Eliot Castel (G). Absents : Léo Quemion (?), Paul Le Lem (licence bleue à Caen), Lucas Mugnier et Patrick Holway (blessés) Simon Lafrance (déchirure) et Florian Chakiachvili (pubalgie)

Düsseldorf

Attaquants :
Kevin Orendorz – Erik Bradford – Shawn O’Donnell (C) [blessé à 23’40]
Ville Järveläinen – Brett Kemp – Matthias Pischoff
Jason Bast – Corey Mackin – Fabian Herrmann
Levi Holzhausen – Mateu Späth* – Noah Münzenberger*

Arrières :
Kristian Blumenschein – Maximilian Faber
Max Balinson – Andrew Bodnarchuk
Tariq Hammond – Sten Fischer
Max Hense – Nicolas Geitner

Gardien :
Niklas Lunemann

Absents : Jonas Langmann (G), Leon Humer (G), Leon Niederberger, Carter Turnbull et Yushiroh Hirano (?).

* Joueurs des Kölner Haie avec une Förderlizenz (l’équivalent à notre licence bleue pour la DEL). Pourtant Cologne et Düsseldorf jouissent d’une rivalité sportive et culturelle forte