Illustration - Logement social en Île-de-France

L’Île-de-France a recommencé à programmer beaucoup plus de logements sociaux en 2025. La DRIHL en recense 29 885 agréés, soit 34 % de plus qu’en 2024 et 95 % de l’objectif régional. Le niveau se rapproche ainsi de ceux observés avant 2020.

Ces 29 885 agréments ne signifient pas que 29 885 logements supplémentaires sont déjà disponibles. Un agrément permet de financer et lancer une opération. La livraison intervient plus tard. À titre de comparaison, 15 625 logements sociaux sont effectivement entrés dans le parc francilien en 2024.

Le décalage est essentiel dans une région où la demande continue de saturer le système. Fin 2025, environ 934 000 demandes de logement social étaient actives pour quelque 67 000 attributions dans l’année. En parallèle, l’État finançait 117 728 places d’hébergement, dont 47 610 à l’hôtel. En ajoutant le logement adapté, l’ensemble atteignait 148 742 places.

La région doit donc augmenter son parc durable tout en absorbant une pénurie déjà installée.

La relance ne prend d’ailleurs pas la même forme partout. L’un des leviers de 2025 consiste à transformer des bureaux en logements. Les opérations retenues représentent 2 895 logements sociaux répartis dans les huit départements franciliens, mais avec des écarts considérables : 861 dans les Hauts-de-Seine, 639 à Paris, 491 dans l’Essonne et 429 dans le Val-de-Marne, contre 66 dans le Val-d’Oise et 35 en Seine-Saint-Denis. Ces écarts montrent que ce levier n’a pas le même poids d’un département à l’autre.

D’autres moteurs ont renforcé l’année 2025 : la reconstruction de logements démolis dans les quartiers concernés par le renouvellement urbain, les résidences étudiantes et une production accrue dans les communes soumises aux obligations de la loi SRU. La part des agréments situés dans des communes officiellement carencées est ainsi passée de 8 % à 15 % du total régional entre 2024 et 2025.

L’État a consacré 3,346 milliards d’euros d’aides directes au logement, à l’hébergement, à la rénovation et au renouvellement urbain en Île-de-France en 2025. Cette enveloppe n’inclut pas les aides personnelles au logement. À elle seule, la politique d’hébergement et d’accompagnement des personnes vulnérables représente 1,258 milliard d’euros.

L’État finance donc simultanément l’hébergement actuel et l’augmentation de l’offre future. La hausse des agréments montre que la programmation a redémarré. Mais avec près d’un million de demandes actives, son effet se mesurera surtout dans les prochaines années, lorsque ces opérations deviendront des logements occupables. Dans toute l’Île-de-France, c’est ce passage du financement à la clé remise au locataire qui déterminera si le recours massif à l’hôtel commence enfin à reculer.