L’année étudiante a démarré et pourtant, certains jeunes n’ont toujours pas trouvé de logement. À Paris, les candidatures se comptent parfois par centaines pour un même appartement.
Publié le 07/09/2026 06:30
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L’année étudiante a démarré et pourtant, certains jeunes n’ont toujours pas trouvé de logement. (Alix Minde / MAXPPP)
Ils étaient plus de 700 candidats : ils ne sont plus que neuf. Neuf étudiants finalistes pour décrocher le Graal : un logement dans Paris. Dans cet appartement situé à côté du Père-Lachaise, Marie, la propriétaire, a reçu un nombre de demandes exceptionnel : 766 locataires lui ont adressé un email. « Là, c’est trois fois plus que d’habitude où j’ai à peu près 250 demandes, ce qui est déjà énorme. C’est tellement triste », se désole-t-elle.
Elle constate aussi que les candidats viennent désormais davantage sur place : « Par exemple, en juillet, j’avais presque la moitié qui me demandait des visios. Là, ils viennent tous, signe qu’ils sont déjà à Paris et sans logement. Franchement, ça ne me fait pas plaisir. Moi, ça m’irait d’avoir 50 personnes. »
Le premier à se présenter est Élie. À 22 ans, l’étudiant en photographie arrive pile à l’heure, avec un sourire crispé. La rentrée approche et il n’a toujours rien trouvé. C’est sa vingtième visite. « Là, ça fait un mois que je cherche, raconte-t-il. Je passe ma journée à faire ça et je pense que je suis à au moins dix heures d’écran à cause de ça, parce que je passe ma journée à répondre à des annonces. Dès que j’ai une notification, je fonce dessus et je veux être le premier à envoyer un message pour espérer avoir une visite. »
Mais, même en étant rapide, la concurrence reste très forte. « Généralement, il y a 20 candidats et même plus. Du coup, on doit attendre son tour pendant une heure dans les escaliers. » Ce n’est pas l’appartement de ses rêves, mais Élie a déjà vu pire. « J’ai vu un appart avec des cafards, donc j’ai dû dire non. »
Marie doit encore voir d’autres candidats. Elle choisira à l’affect.
Si trouver un appartement est difficile, certains étudiants n’arrivent même pas à décrocher une visite. Natalia travaille dans un café très chic du 1er arrondissement. Étudiante tirée à quatre épingles, elle a envoyé 200 dossiers dans toute la ville. Elle n’a obtenu qu’une seule réponse pour une visite la semaine prochaine.
« Dès que je reçois une notification, je clique dessus, je postule, je ne prends même pas le temps de regarder l’annonce en fait »
Natalia, étudiante à la recherche d’un logement
à franceinfo
Elle est prête à mettre 1 000 euros maximum pour son loyer. « Pour Paris, c’est vraiment très peu, regrette-t-elle, mais pour un étudiant c’est énormément. Je ne comprends pas qu’on arrive à des sommes astronomiques pour aussi peu de mètres carrés, et que ça soit aussi compliqué de trouver un logement pour un étudiant. C’est complètement démotivant pour les étudiants. »
En attendant, Natalia est retournée vivre chez ses parents, dans l’Oise. Deux heures de trajet le matin et deux heures le soir. Une situation qui la stresse à l’approche de la rentrée. « J’angoisse à l’idée de me dire : ‘Comment je vais faire pour tenir toute l’année si je ne trouve pas ?’ Moi-même, je ne sais pas, ça m’angoisse. »
Chams, 22 ans, nous accueille chez lui, la mine souriante et l’esprit libéré, comme tous ceux qui ont trouvé à se loger. « Et on a le privilège d’avoir une petite vue sur le Sacré-Cœur. Le tout pour 450 €. » Il vit dans 80 mètres carrés,qu’il partage avec deux autres étudiants. Il s’agit d’une colocation KAPS, financée par l’État et les bailleurs sociaux. « Les colocations KAPS, explique-t-il, ce sont des colocations à projets solidaires où on propose des loyers modérés à prix réduit pour des étudiants en échange de deux heures de mentorat avec un enfant. Et à côté de ça, on a aussi des projets citoyens à hauteur de trois heures par semaine. »
Chams a été pris sur dossier et a enfin pu quitter son précédent logement, où les propriétaires ne respectaient pas l’encadrement des loyers. Avec ce nouveau logement, il gagne 300 euros sur son budget. « Tout d’un coup, on se retrouve avec 300 € en plus. Je me suis vu et perçu comme riche, plaisante-t-il. Non, en réalité, ça va surtout permettre une meilleure qualité de vie l’année prochaine. Du coup, cela va me permettre de pouvoir moins travailler. »
Assis sur son balcon, Chams a bien conscience d’être un privilégié. À Paris, il n’y a qu’une cinquantaine de places dans les colocations KAPS.