Après une baisse notable des frappes en août, les hostilités ont repris le 30 à l’initiative de Washington. Depuis, les deux camps ont échangé des séries de menaces.

L’Iran s’apprête à déclarer une «zone interdite» près du détroit d’Ormuz, voie maritime stratégique verrouillée par Téhéran depuis le début de la guerre avec les États-Unis, a déclaré dimanche le secrétaire du Conseil suprême de sécurité nationale. «Dans les prochains jours, une zone interdite va être déclarée à l’extérieur du détroit d’Ormuz. Elle commencera sur la ligne du blocus de la marine américaine, et comprendra des secteurs du Golfe», a affirmé Mohsen Rezaï à la télévision d’État. «Tout navire entrant dans cette nouvelle zone sera placé sur une liste de sanctions».

Après une nouvelle série d’attaques mutuelles, principalement en mer ces derniers jours et notamment dans le stratégique détroit d’Ormuz, l’Iran a menacé dimanche les États-Unis d’une réponse «plus intense». Si le mois d’août avait été marqué par une baisse notable des frappes, les hostilités ont repris le 30 à l’initiative de Washington. Téhéran a répondu en ciblant ses voisins, comme depuis le début du conflit déclenché par une offensive américano-israélienne fin février.


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Échange incessant de menaces

Mais depuis vendredi, les deux camps s’attaquent surtout sur l’eau dans la région du Golfe, où le trafic maritime est toujours très réduit, entre le verrouillage du détroit d’Ormuz par Téhéran et le blocus maritime américain imposé en retour aux ports iraniens. L’Iran a d’abord ciblé un porte-avions et un destroyer américains, qui «ont échappé à de multiples attaques iraniennes non provoquées» selon Washington. L’armée américaine a répondu samedi en frappant trois pétroliers, liés selon elle aux Gardiens de la Révolution.

Cette puissante force armée iranienne a ensuite affirmé avoir pris pour cible en représailles trois pétroliers dans le détroit d’Ormuz, ainsi que «trois navires affiliés à l’Amérique (…) dans d’autres secteurs». Puis tôt dimanche, Téhéran a annoncé avoir attaqué un drone naval «qui tentait de pénétrer» dans le détroit d’Ormuz. «Pur mensonge», a rétorqué le porte-parole du Commandement américain pour le Moyen-Orient (Centcom), Tim Hawkins. «Aucun navire américain n’a été attaqué aujourd’hui».

«Les Américains ont dû comprendre que l’ère des ripostes proportionnées était révolue», a lancé Mohammad Bagher Ghalibaf, négociateur en chef et président du Parlement iranien, dans un message diffusé par un média d’État. «Toute agression contre les intérêts et la sécurité de l’Iran recevra une réponse plus rapide, plus intense et plus douloureuse», a-t-il juré. «Si vous tirez sur deux de nos navires, nous vous imposerons un prix économique encore plus grand: vous en prendre trois», a lui menacé le chef du Centcom, Brad Cooper.