Six ans après son dernier concert en tête d’affiche en France, Céline Dion retrouve la scène le 12 septembre à la Plenitude Arena (ex-Paris La Défense Arena), à Nanterre, pour seize dates, jusqu’au 17 octobre. Dix autres suivront en mai 2027. Ces concerts, complets en quelques heures, auront des retombées bien au-delà de la musique.
Les hôtelliers se frottent les mains
Combien ce retour de la star va-t-il rapporter ? Les montants avancés sont élevés, et incertains. Le cabinet MKG Consulting prévoit jusqu‘à 1,2 milliard d’euros de recette, transports et logistique compris. Un chiffre proche de celui avancé, sur TF1, par la journaliste économie Maud Descamps, qui a évalué à un milliard d’euros les recettes attendues pour la France. Pour estimer les effets de la venue d’une icône planétaire sur l’économie, on peut se référer aux précédents grands shows accueillis en France : les trois concerts de Beyoncé au Stade de France en juihn 2025 ont rapporté 250 millions d’euros, selon le ministère de l‘Économie. Un an plus tôt, le passage de Taylor Swift à Lyon avait rempli les hôtels de la métropole à plus de 90 %, et fait bondir de moitié le chiffre d’affaires des restaurants.
En se produisant plus d’un mois au même endroit, à la manière de ses résidences à Las Vegas, Céline Dion attire un public venu de tout le pays et de l‘étranger, qui prolonge souvent son séjour. Trois soirs par semaine, les mercredis, vendredis et samedis, plus de 30 000 spectateurs sont attendus. L’hôtellerie francilienne sera la première à en profiter, devant les restaurants, les commerces et les transports. Ce modèle de la résidence, encore rare en France, séduit de plus en plus d’artistes. Mais peu peuvent, comme la Québécoise, compter sur un public prêt à traverser l’Atlantique pour un soir. Après les Jeux olympiques de 2024, la région Île-de-France voit dans ce type d’événement un moteur pour son tourisme.
Une image qui se décline partout
Les marques, aussi, espèrent bénéficier de l’aura de Céline Dion. Son image se décline sur de nombreux supports marketing. Avant même le premier concert, une collection de macarons créée avec Pierre Hermé, dont elle a choisi les saveurs, s’est arrachée. La marque Maje a sorti un tee-shirt à son nom, un vinyle Live à Paris est réédité, et les galeries Lafayette lui consacrent une boutique éphémère, aménagée comme sa loge par le studio créatif d’Universal Music. Dès son ouverture, début septembre, le pop-up store a attiré des dizaines de fans. Autant de produits destinés aux millions de personnes restées sans billet, à qui l’on propose un souvenir à défaut d’une place.
Peu de dispositifs publics, une salle réaménagée
Côté logistique, aucun dispositif exceptionnel n’a été annoncé par la région ou la préfecture. La Plenitude Arena est l’une des salles les mieux desservies d’Europe : RER A et E, ligne 1 du métro, tramway et Transilien la relient déjà à la capitale, et les organisateurs invitent simplement le public à venir en transports en commun. L’essentiel du travail s’est donc concentré sur la salle. Pour rapprocher les spectateurs de l’artiste, la jauge a été réduite de 45 000 à 30 000 places, avec un parterre assis. Le montage de la scène, confié au metteur en scène Willo Perron, déjà à l’œuvre pour Beyoncé et le show de la mi-temps du Super Bowl de Rihanna, a mobilisé les équipes plusieurs jours. Les portes ouvriront deux heures avant chaque concert. Les organisateurs rappellent que les billets ne sont valables que sur les plateformes officielles, pour couper court aux reventes frauduleuses.
Le dispositif le plus visible se joue en réalité loin de Nanterre, devant le Royal Monceau, où la chanteuse loge depuis le 28 août. Des barrières y contiennent une foule d’admirateurs présente chaque jour, encadrée par sa propre équipe de sécurité. « Cette année, je reçois le plus beau cadeau d’anniversaire de ma vie », disait-elle en annonçant ces concerts, au pied de la tour Eiffel. Et il se joue, sur scène, dès le samedi 12 septembre.