Cancers chez l’enfant : « On se doit de se mobiliser pour trouver une solution »

Cancers chez l’enfant : « On se doit de se mobiliser pour trouver une solution »

Crédit : Chat GPT

« Septembre en or », c’est le nom de l’opération de communication dédiée à la sensibilisation à la lutte contre les cancers pédiatrique. Aujourd’hui, la recherche avance, comme nous le confie Benjamin Ory, professeur à la Faculté de médecine de Nantes. Il co-dirige une équipe de recherche au centre de cancérologie de Nantes Angers, consacrée aux sarcomes pédiatriques, des tumeurs rares.

Selon Benjamin Ory, l’objectif de ce projet de recherche est « d’exploiter des faiblesses de la tumeur. C’est ce qu’on appelle trouver des cibles thérapeutiques, on essaye de repositionner des molécules, connues ou non, mais pour lesquelles on arrive à démontrer qu’elles ont des propriétés, des capacités à aller cibler ces faiblesses chez les tumeurs. C’est une approche épigénétique, c’est-à-dire qu’on vient voir au-delà de l’aspect génétique de la tumeur, la manière dont elle est influencée par son environnement et comment on pourrait développer un certain nombre de molécules pour aller enrayer ce mécanisme. »

 

Des cibles thérapeutiques potentielles

 

Avant tout, le but est didentifier des cibles thérapeutiques potentielles, pour le Dr Ory, et « nous avons déjà des molécules candidates à tester, plusieurs dizaines, et c’est l’objet de la collaboration avec une équipe de Marseille spécialisée en pharmacologie. Nous allons étudier de manière rapide un grand nombre de molécules pour nous donner des pistes. La nouvelle stratégie qu’on n’est pas les seuls à employer en cancérologie de manière globale, mais sur ces cancers-là en particulier on est peu, c’est de faire du repositionnement de molécules qui sont déjà employées pour d’autres types de pathologies, certains cancers, mais même d’autres types de pathologie, et qui ont déjà les acceptations mises sur le marché.

Notre objectif c’est de les repositionner sur les sarcomes pédiatriques (*) parce qu’elles ont des propriétés pour cibler des molécules, que nous avons en particulier identifiées tous ensemble. »

(*) Un sarcome chez l’enfant est un cancer rare qui se développe dans les os ou dans les tissus mous, comme les muscles, les tendons, etc.

C’est un projet qui serait impossible sans contributions financières, souligne Benjamin Ory. « On a obtenu avec joie un financement indispensable pour nous de la part de la Ligue contre le cancer. Un projet en collaboration avec plusieurs autres équipes françaises également spécialisées dans ce même domaine. L’idée est d’essayer d’utiliser des faiblesses détectées chez ces cellules tumorales par différents moyens, dont des moyens très bioinformatiques. Et on essaye en gros de trouver un certain nombre de faiblesses chez ces cellules pour aller les exploiter d’un point de vue thérapeutique. »

 

 Pas de recherche sans financement

 

Pour Benjamin Ory, pas de recherche sans financement et sans mobilisation de la société. « Pour nous, ce n’est pas tant de faire de la prévention. L’idée, c’est de communiquer sur le fait qu’il y a de la recherche effectuée dans ce domaine-là. Il y a des patients qui sont atteints de ces pathologies-là, et il y a une nécessité de se mobiliser en tant que société. Il y a une nécessité de financer ce genre de projet.

La difficulté, c’est d’avoir peu de patients, car cela intéresse moins l’industrie pharmaceutique qui voit moins de débouchés. Donc, il y a une nécessité d’avoir des financements publics, et des financements associatifs. On remercie la Ligue contre le Cancer car avec ce genre de recherches’il n’y a pas ce financement associatif ou public, il n’y a pas de recherche.

Et s’il y a des cancers qui atteignent les enfants, en tant que société, on se doit de se mobiliser pour trouver une solution. »

Benjamin Ory travaille sur l’ostéo-sarcome, une tumeur osseuse primitive rare qui touche chaque année en France 300 enfants, adolescents ou jeunes adultes. Les cellules osseuses se mettent à proliférer de manière anarchique. Et parce que les cas sont rares, il y a moins de recherches.

Pour participer à la Ligue contre le Cancer, le lien est ici.