Face à des difficultés financières anciennes et récurrentes, le Paris Volley se retrouve devant des décisions déterminantes pour son avenir, tant sportif que financier. Et le début du championnat de France se profile le 17 octobre.
Mardi 8 septembre, le Paris Volley jouera son avenir. Mais ce ne sera pas sur le taraflex de sa mythique salle Charpy. La pérennité du club de la capitale sera, en grande partie, décidée à la mairie de Paris lors d’une réunion décisive avec les repreneurs du club 18 fois champion de France.
Durant l’été, la société française d’e-sport Vitality et le fonds d’investissement sportif Athvance Capital (fondé en 2025) se sont intéressés au dossier de rachat du club de la capitale. Pour leur premier gros investissement dans un club français, Pierre Moreau, managing director d’Athvance (un ancien volleyeur), Fabien Devide et Nicolas Maurer pour la société d’e-sport ont rencontré des salariés parisiens, ainsi que certains actuels propriétaires du Paris Volley.
Budget inférieur à 1,5 million d’euros
En proie à des difficultés financières récurrentes et relégué en Ligue B, le Paris Volley avait été sauvé en 2018 par un pool d’actionnaires constitué de grands noms du volley français (Stéphane Antiga, Antoine Brizard), ainsi que d’amis du club opérant en pleine lumière ou en coulisses. Avec un budget inférieur à 1,5 million d’euros, le club de la capitale vit d’expédients financiers, vivote entre coups d’éclat et saisons insipides, et arrive à attirer quelques pépites grâce au carnet d’adresses du numéro 1 des agents, Georges Matijasevic, très proche du club. La saison qui vient de s’achever est plutôt à ranger dans les bonnes cuvées, avec une demi-finale des playoffs et une Coupe de France.
Sans parler de ses jeunes. Car si les repreneurs veulent « accentuer la professionnalisation » du club parisien, c’est bien une pépite qui attire les investisseurs: au cœur de la SAS Paris Volley, l’association PUC Volley prospère avec ses 1.500 licenciés et ses titres dans les équipes de jeunes. « C’est une structure en constante progression depuis une décennie grâce à son travail reconnu auprès des jeunes », reconnaît un salarié.
Durant l’été, les actionnaires influents ont fait savoir qu’ils ne souhaitaient plus colmater les fissures financières. « On parle d’une dette récurrente, héritée des précédentes directions, entre 500.000 et un petit million d’euros », précise une source anonyme du club. « Aujourd’hui, il faut un nouvel élan. Les possibles repreneurs connaissent l’état financier du club. On les a rencontrés et il y a de bonnes ondes », veut croire un salarié. Mais, ensuite, la sentence tombe. Sèche: « De toute façon, il faut bien se dire que c’est soit le rachat soit le dépôt de bilan. » Le train de vie actuel du club semble viable, comme l’a prouvé le contrôle sans conséquence de l’URSSAF sur les années 2021-2025.
Partie de poker menteur avec la mairie de Paris
Selon nos informations, le deal pourrait être finalisé d’ici la fin du mois de septembre: « Les quinze prochains jours sont cruciaux. Il faudra qu’une décision soit prise avant le 15 octobre, date du passage du Paris Volley devant la DNACG, le gendarme financier », poursuit notre interlocuteur.
Si le dossier semble bouclé, il reste une inconnue à lever. L’accord, a minima tacite, de la mairie de Paris, qui est propriétaire de la salle Charpy. Et les deux parties se jaugent et semblent jouer une partie de poker menteur avant la réunion décisive du 8 septembre. Si le pouvoir politique parisien retient une subvention trimestrielle de 175.000 euros, Vitality et Athvance souhaitent un engagement de la mairie de Paris sur sa subvention de 700.000 euros annuels, allocation divisée par deux en une dizaine d’années à cause de la raréfaction des subsides municipaux dans toutes les communes françaises.
« Pour débuter la saison, il nous faut cette subvention municipale mais aussi autour de 250.000 euros pour engager les premiers frais récurrents de transport ou de marketing pour la salle Charpy », précise notre source. Selon nos informations, si le club veut repartir sainement, il faudra mettre quasiment 2 millions sur la table. « Et, dans un premier temps, l’ambition des nouveaux repreneurs sera minime. Il faudra juste se maintenir parmi l’élite lors de cette saison 2026-2027. Ensuite, ils veulent accélérer. »
Le directeur sportif a démissionné
Cette évolution à marche forcée ne se fait pas sans des soubresauts. Si le nouveau coach Silvano Prandi essaie de construire une équipe tant bien que mal, avec notamment l’annonce du récent recrutement du central champion olympique 2021 Daryl Bultor, le directeur sportif du Paris Volley vient de jeter l’éponge. Arrivé en 2023, Yannick Bazin a annoncé sa démission en fin de semaine: « J’aime trop ce club pour le voir tomber sans réagir », a écrit l’ancien passeur sur son compte Instagram. « Et quand on ne peut plus empêcher certaines choses, il reste au moins le choix de ne pas y être associé ». Malgré le manque à gagner salarial, Yannick Bazin a accepté la proposition de poursuivre son travail à la tête du centre de formation du club.
Enfin, est-il besoin de préciser que le Paris Volley et ses propriétaires sont habitués de ces négociations ou rumeurs de rachat? En 2022, un groupe du Moyen-Orient était sur le point de racheter le club de la capitale. Alors que les instances du volley français ne croyaient pas une seconde à ce dossier, les actionnaires parisiens ont décliné la proposition au dernier moment. Alors, où en est-on aujourd’hui? L’avenir financier et sportif du Paris Volley ne tient vraiment qu’à un fil. Qu’à un rendez-vous même.