
Visite médiatique chez Volkswagen Commercial Vehicles (Volkswagen Nutzfahrzeuge) à Hanovre
La société israélienne Aurelius Capital et la Basse-Saxe, le Land d’origine de Volkswagen, ont signé lundi une déclaration d’intention en vue de reprendre l’usine d’Osnabrück du constructeur allemand et de la reconvertir en site dédié à la production de matériel de défense.
Selon les responsables syndicaux dans un communiqué distinct, cette intervention pourrait permettre de préserver environ 1.400 des 1.800 emplois du site.
L’accord pourrait poser les bases d’un modèle applicable à d’autres sites de Volkswagen menacés de fermeture, alors que le groupe s’engage dans la plus grande refonte de ses 89 ans d’histoire.
Le premier constructeur automobile européen, aux prises avec la concurrence chinoise et le coût des droits de douane américains, a approuvé jeudi dernier un vaste plan de restructuration portant le total des suppressions d’emplois prévues à 100.000 et mettant en question l’avenir de quatre usines allemandes.
D’après la proposition, Aurelius détiendrait une participation majoritaire dans le site aux côtés de la Basse-Saxe.
« Osnabrück apporte quelque chose qui ne peut pas être créé à partir de zéro : de nombreuses années d’expérience avec des produits exigeants, des processus de fabrication précis, des équipes de haute qualité bien coordonnées et une forte tradition », a déclaré Tomer Jacob d’Aurelius Capital.
L’investisseur cite la cybersécurité, la technologie des drones et les systèmes satellitaires parmi ses domaines d’intérêt.
Aucun autre détail n’a été divulgué et les plans doivent encore être finalisés.
Volkswagen a indiqué qu’un premier « projet phare » pour Osnabrück consisterait en une coopération avec la société israélienne Rafael Advanced Defense Systems, l’un des principaux partenaires à l’origine des systèmes de défense aérienne et antimissile israéliens « Iron Dome », « Arrow » et « David’s Sling ».
« Ces projets prévoient la fabrication éventuelle de systèmes et de composants destinés aux systèmes de défense aérienne en Allemagne et en Europe », a déclaré Volkswagen, ajoutant que cette coopération pourrait ouvrir la voie à d’autres accords de ce type.
La production automobile sur le site d’Osnabrück devrait cesser en 2027.
(Christoph Steitz à Francfort et Christina Amann in Osnabrück; version française Augustin Turpin, édité par Benoit Van Overstraeten)