La vérité va-t-elle enfin se manifester, cinquante-huit ans après les faits ? Ce lundi, le procureur de Nice, Damien Martinelli, a confirmé qu’une opération de repêchage des débris de la Caravelle Ajaccio-Nice, était à l’étude. « Les premiers retours d’une entité publique spécialisée confirment la faisabilité de l’opération d’une durée évaluée à 6 jours », a précisé le magistrat, dans un communiqué.
Le 11 septembre 1968, la Caravelle AF 1611, qui devait relier Ajaccio à Nice en quarante-cinq minutes, s’est brusquement abîmée au large d’Antibes, faisant 95 morts. L’épave a ensuite été localisée à quelque 2.000 m de profondeur. Une première instruction pour « homicide involontaire » s’est close en 1973 par un non-lieu, la thèse retenue étant celle d’un incendie dans la cabine toilette.
Une enquête relancée
Néanmoins, depuis de nombreuses années, les familles de victimes se battent pour faire toute la lumière sur les circonstances précises de la catastrophe. L’enquête a notamment été relancée en 2012 pour « soustraction et recel de preuves » et la justice a requis en 2018 une levée du secret-défense, estimant qu’il fallait prendre « très au sérieux » l’hypothèse d’un tir de missile accidentel depuis la base militaire du Levant, près d’Hyères (Var).
En réponse, des documents ont été remis à la justice par le ministère des Armées en juillet 2019. Ils ont été jugés « très insatisfaisants » par les familles de victimes. « Plusieurs éléments sérieux, notamment des témoignages mais également des éléments matériels, tendent à montrer que des autorités civiles et/ou militaires ont pu chercher à faire obstacle à la détermination des causes et des circonstances réelles du crash de la Caravelle », avait indiqué le parquet de Nice. Plusieurs opérations en mer, menées fin 2025 avaient déjà permis d’identifier la queue et les réacteurs de l’avion, ainsi que de nombreuses pièces de la carlingue.
« Avancée considérable »
En s’appuyant notamment sur l’exemplaire d’une caravelle « détenue par un aéro-club, parfaitement conservée et identique à celle concernée par les investigations », les expertises ont conclu « à la pertinence d’une opération de relevage des principales pièces identifiées dont les réacteurs », explique le procureur, Damien Martinelli.
Et d’ajouter : « Les échanges se poursuivent » pour préciser les modalités et le calendrier de l’opération avec l’objectif d’y procéder « dès que les conditions seront réunies ». « Jamais la vérité n’a été aussi proche », se sont réjouis les avocats des familles de victimes, dans un communiqué, parlant d’une « avancée considérable ».