Dans un courrier, les salariés affirment que des consignes ont été passées pour effacer la présence des femmes lors du passage de représentants de l’organisation BAPS.

Publié le 07/09/2026 18:27

Mis à jour le 07/09/2026 18:41

Temps de lecture : 2min

Des moines hindous de l'organisation BAPS devant la tour Eiffel, à Paris, le 3 septembre 2026. (KENZO TRIBOUILLARD / AFP)

Des moines hindous de l’organisation BAPS devant la tour Eiffel, à Paris, le 3 septembre 2026. (KENZO TRIBOUILLARD / AFP)

Que s’est-il passé lors de la visite de représentants d’une organisation hindoue à la tour Eiffel ? Le personnel dénonce des consignes visant à limiter la présence des « femmes salariées de la tour Eiffel, dont celles des entreprises prestataires », durant la visite de cette délégation. Ils dénoncent une « discrimination sexuelle », dans un courrier obtenu par franceinfo lundi 7 septembre, et se sont réunis en assemblée générale. Les portes du célèbre monument parisien sont donc restées fermées toute la journée.

Un important cortège hindou de l’association religieuse BAPS s’est rendu au pied du monument, samedi 5 septembre, en marge de l’inauguration d’un temple à Bussy-Saint-Georges (Seine-et-Marne). A cette occasion, « une délégation d’une centaine de personnes » a visité le monument. « Certaines [salariées] ont été invitées à quitter leur poste et à se mettre à l’écart dans des locaux », poursuivent les salariés dans leur communiqué, qui ne porte pas de mention syndicale. « A certains postes, elles ont été remplacées par des hommes. Et toutes les femmes salariées ont reçu la consigne de ne pas passer ou de ne pas traverser certaines zones pendant la présence de la délégation. »

« Des salariées ne peuvent pas être mises à l’écart, remplacées à leur poste par des hommes ou cachées dans des locaux uniquement parce qu’elles sont des femmes. »

Les salariés de la tour Eiffel

dans un communiqué

La Société d’exploitation de la tour Eiffel (Sete) confirme les faits dans un communiqué obtenu par franceinfo. Elle évoque une « visite protocolaire d’un représentant spirituel hindou, au deuxième étage du monument ». Les représentants de la délégation, en amont, avaient demandé « que la visite de leur représentant spirituel soit organisée en limitant ses interactions avec les femmes », ajoute la Sete.

Mahant Swami Maharaj, leader spirituel hindou, devant la tour Eiffel le 5 septembre 2026 à Paris. (BAPS / TELEGRAM)

Mahant Swami Maharaj, leader spirituel hindou, devant la tour Eiffel le 5 septembre 2026 à Paris. (BAPS / TELEGRAM)

La direction a rencontré les salariés réunis en assemblée générale, dans la matinée, et promet de réaliser « un examen précis des conditions dans lesquelles cette visite a été organisée », afin d’en tirer « toutes les conséquences nécessaires ». La direction ajoute que les visiteurs disposant d’un billet seront remboursés.

« Ces conditions n’auraient pas dû être acceptées. »

La Société d’exploitation de la tour Eiffel

dans un communiqué transmis à franceinfo

L’organisation spirituelle hindoue, quant à elle, n’avait pas encore répondu à franceinfo après la publication du courrier des salariés. Le maître spirituel du mouvement, Mahan Swami Maharaj, 93 ans, a consacré dimanche le temple de Bussy-Saint-Georges, sans accès accordé à la presse. Le guide né en Inde se trouvait uniquement entouré de moines et d’hommes pour cette cérémonie restreinte.

Les images avaient été retransmises en direct sur écrans géants dans un immense chapiteau où étaient rassemblés 7 000 hommes, femmes et enfants. « On a des saints chez nous et ils ont des règles à respecter, donc, c’est vrai que les femmes sont d’un côté et les hommes de l’autre » dans les cérémonies, avait commenté un bénévole interrogé par l’AFP. « Mais ça n’a rien à avoir avec le fait d’avoir des inégalités. »