Aix-Marseille Université (AMU) a annoncé lundi 7 septembre que 1.500 étudiants extracommunautaires, notamment venus de zones de conflit ou lauréats de bourses, bénéficieront d’une exonération de leurs frais d’inscription malgré l’entrée en vigueur des droits différenciés.

Depuis cette rentrée, la majorité des étudiants non ressortissants de l’Union européenne doivent s’acquitter de 2.895 euros de droits d’inscription en licence et de 3.941 euros en master. Au sein de la plus grande université de France qui faisait sa rentrée solennelle lundi, 5.500 étudiants sont concernés par cette mesure.

Exonération plafonnée à 30 %

Le décret prévoit toutefois une possibilité d’exonération, plafonnée à 30 % des effectifs concernés à la rentrée 2026, puis ramenée à 25 % en 2027, avant de se stabiliser à 20 % en 2028. « La jauge de 30 % nous donne une capacité d’exonération de 1.500 étudiants », a indiqué le président d’AMU Eric Berton, précisant que ceux-ci seront dispensés de 75 % à la totalité de ces frais.

M. Berton a ajouté que l’université prioriserait les étudiants « en changement de cycle, provenant de zones de conflits et les lauréats de bourses d’excellence », citant notamment les cas d’étudiants libanais, palestiniens ou ukrainiens. Ces exonérations seront décidées au cas par cas et réévaluées chaque année, a détaillé la direction de l’université. Regrettant que cette réforme « supprime les politiques d’établissement », le vice-président formation d’AMU, Christophe Pellegrino, a dit « ne pas avoir eu le temps de communiquer auprès des étudiants » estimant qu’« il aurait fallu une année de transition ».

Selon l’Unef, cette hausse des frais d’inscription couplée à la suppression des aides personnalisées au logement (APL) a multiplié par deux le coût des études pour les non-ressortissants de l’Union européenne. Lundi, une cinquantaine de représentants d’associations étudiantes et professorales s’étaient rassemblés devant le Palais du Pharo pour protester. « 400 à 500 étudiants nous ont contactés en nous disant que la scolarité leur demande de payer ou de rentrer chez eux », a dénoncé le porte-parole de l’Union étudiante Aix-Marseille, Younes Dufresne.