La Région Île-de-France veut renforcer son soutien aux agriculteurs. À l’occasion du Festival de la Terre des Jeunes Agriculteurs, qui s’est tenu ce week-end à Attainville (Val-d’Oise), Valérie Pécresse a annoncé un plan d’urgence baptisé « Puissance agricole ».

La mesure principale prévoit une « aide résilience » de 5 millions d’euros pour les exploitations confrontées à des difficultés de trésorerie liées aux problèmes climatiques des derniers mois. L’enveloppe doit encore être soumise au vote de la commission permanente en septembre. Un versement rapide est ensuite promis, sans calendrier précis à ce stade.

L’enjeu est d’autant plus stratégique que l’Île-de-France dispose de terres parmi les plus fertiles de France et d’Europe. Elle constitue aussi le premier bassin de consommation français, avec 12 millions de consommateurs à moins d’une heure des exploitations.

L’accès à l’eau au cœur du plan

Au-delà des mesures d’urgence, l’un des principaux enjeux pour les exploitations franciliennes reste l’accès à l’eau. Le plan prévoit d’accélérer le développement de l’irrigation, avec un objectif de plus de 1 000 hectares supplémentaires par an. Pour y parvenir, le budget consacré aux « Systèmes hydrauliques » serai renforcé. La Région demande également à l’État de simplifier les procédures liées aux retenues d’eau et aux prélèvements agricoles.

Un soutien financier qui doit encore être renforcé

Plusieurs mesures sont prévus pour accompagner les exploitations les plus fragilisées. Le « chèque prévention » sera étendu aux agriculteurs afin de les aider à faire face à leurs dettes. Les jeunes installés pourront également bénéficier d’un portage foncier plus long. Enfin, les pépiniéristes franciliens seront soutenus grâce à des commandes de plants.

Pour financer ce dispositif, Valérie Pécresse demande 5 millions d’euros supplémentaires à l’État, sur les 235 millions d’euros du fonds national d’urgence confiés aux préfets. Si cette demande aboutit, l’effort total atteindrait 10 millions d’euros. Cette seconde enveloppe reste toutefois conditionnée à une décision de l’État.

L’objectif affiché est de donner davantage de marge de manœuvre aux exploitations, à la fois pour faire face à leurs difficultés immédiates et pour mieux se préparer aux aléas climatiques.

Une aide qui rappelle celle de 2024

Cette « aide résilience » reprend un dispositif lancé par la Région en septembre 2024. À l’époque, 5,5 millions d’euros avaient été débloqués après une récolte qualifiée de « pire moisson depuis 40 ans ». L’aide ciblait les exploitants ayant subi plus de 20 % de perte de rendement. Environ 3 000 exploitations devaient pouvoir en bénéficier. À ce jour, aucun bilan précis n’a été communiqué sur ce dispositif.

Des précisions encore attendues

Plusieurs points restent encore en suspens. Le nombre d’exploitations concernées par les 5 millions d’euros et les modalités d’attribution doivent encore être précisés. Les pertes liées aux aléas climatiques ne sont pas chiffrées et la question de la pression foncière n’est pas abordée. Le plan doit aussi être voté par le conseil régional.