Le 7 septembre, l’Union européenne (UE) a annoncé un programme d’investissement de 200 millions d’euros (plus de 232 millions de dollars) pour le Groenland et a simultanément signé une nouvelle déclaration commune avec le territoire autonome et le Danemark, marquant une mise à niveau globale du partenariat dans un contexte de concurrence géopolitique de plus en plus intense dans l’Arctique.
Selon le correspondant de l’agence de presse vietnamienne à Bruxelles, la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, effectue une visite de deux jours, les 6 et 7 septembre, à Nuuk, la capitale du Groenland, quelques mois seulement après sa première visite sur le territoire.
Mme von der Leyen, accompagnée du ministre en chef du Groenland, Jens-Frederik Nielsen, et de la Première ministre danoise, Mette Frederiksen, a signé une nouvelle déclaration commune, remplaçant le document de coopération signé en 2015.
S’exprimant ici, la présidente von der Leyen a souligné : « Le Groenland peut compter sans réserve sur l’UE. C’est le message que j’ai transmis lors de ma précédente visite. Aujourd’hui, je reviens avec des résultats concrets de coopération, un accord de partenariat d’une valeur de 200 millions d’euros. Celui-ci créera de nouvelles opportunités et réaffirmera la forte présence et l’engagement de l’UE au Groenland et dans la région arctique. Car le Groenland est notre allié stratégique et un ami fidèle. »
Ce plan d’investissement de 200 millions d’euros s’inscrit dans le cadre de Global Gateway, l’instrument d’investissement stratégique de l’UE pour les infrastructures. Conformément à l’accord, les fonds seront déployés en 2026 et 2027, en se concentrant sur quatre domaines prioritaires.
En matière de connectivité numérique, l’UE collaborera avec Tusass, au Groenland, afin d’étendre l’infrastructure satellitaire aux fournisseurs européens au cours des cinq prochaines années, dans le but d’améliorer la vitesse et la stabilité d’Internet pour les communautés isolées, les écoles et les entreprises locales.
Parallèlement, l’UE finance également une étude de faisabilité sur le développement d’un centre de données au Groenland, un secteur à fort potentiel grâce à son climat froid qui réduit les coûts de refroidissement et à ses abondantes ressources en énergies renouvelables.
Concernant les matières premières stratégiques, un secteur considéré comme un enjeu géopolitique de la coopération UE-Groenland, les deux parties encourageront les projets miniers durables.
Le projet de graphite Amitsoq de GreenRoc a été spécifiquement cité comme modèle de coopération, après avoir été reconnu comme projet stratégique en vertu de la loi européenne sur les matières premières brutes (CRMA).
En matière d’énergie, l’UE soutiendra la compagnie nationale d’électricité Nukissiorfiit dans la modernisation et la réduction des émissions du système d’approvisionnement en électricité dans les zones résidentielles isolées grâce à des systèmes d’énergies renouvelables intégrés.
Les deux parties étudient également la possibilité d’agrandir la centrale hydroélectrique de Buksefjord, la plus grande installation hydroélectrique du Groenland, afin de répondre à la demande croissante d’électricité à Nuuk.
En termes de qualité de vie, le plan d’investissement alloue le reste au tourisme durable et au logement, deux domaines jugés prioritaires pour diversifier l’économie et améliorer les conditions de vie des habitants du Groenland.
Selon Jozef Síkela, commissaire européen aux partenariats internationaux, le partenariat avec le Groenland vise à créer des opportunités concrètes et à améliorer le quotidien des populations, grâce à une meilleure connectivité internet, une énergie plus propre et plus stable, et de nouvelles opportunités économiques pour les communautés du Groenland, y compris dans les régions les plus reculées.
Parallèlement, grâce à la passerelle mondiale, l’UE renforce la résilience de l’Europe et construit des partenariats de confiance pour un bénéfice mutuel.
La nouvelle déclaration conjointe signée à Nuuk reconnaît le rôle stratégique de plus en plus important du Groenland et étend la coopération à plusieurs nouveaux domaines par rapport à la déclaration de 2015, notamment : la sécurité et la résilience, la protection civile, la recherche et l’innovation, et la connectivité numérique.
Les secteurs traditionnels tels que l’éducation , la pêche, l’environnement et la lutte contre les changements climatiques continuent d’être maintenus.
En termes de budget global de coopération, le Groenland est actuellement le territoire d’outre-mer qui reçoit le plus important soutien de l’UE par habitant. Entre 2021 et 2027, l’UE a alloué 225 millions d’euros au Groenland, dont 90 % à l’éducation et 10 % à la croissance verte.
Il convient de noter que la Commission européenne a proposé de porter ce soutien à 530 millions d’euros dans le budget pluriannuel 2028-2034, soit plus du double du niveau actuel, ce qui témoigne de la priorité stratégique que Bruxelles accorde à la région arctique dans cette nouvelle ère géopolitique.
Outre le programme d’investissement, l’accord de partenariat UE-Groenland sur la pêche durable demeure une pierre angulaire de la coopération, avec une contribution annuelle de 17,3 millions d’euros de l’UE, dont 3,2 millions d’euros sont spécifiquement consacrés au soutien de la stratégie nationale du Groenland en matière de pêche durable.
Par ailleurs, le Groenland reste éligible aux programmes de l’UE tels que Horizon Europe, Erasmus+ et InvestEU.
Source : https://www.vietnamplus.vn/eu-cong-bo-goi-dau-tu-200-trieu-euro-danh-cho-greenland-post1134805.vnp