Le Trésor français affiche des avoirs extérieurs au plus haut. Portées par la flambée des cours mondiaux du métal précieux, les réserves officielles de l’État ont grimpé à 380,694 milliards d’euros à la fin août 2026. Une hausse mensuelle impressionnante de 23,644 milliards d’euros, tirée quasi exclusivement par la revalorisation du stock d’or national, qui s’établit désormais à 301,161 milliards d’euros en lingots et pièces.
Alors que le gouvernement boucle les arbitrages du budget sous la pression d’une contrainte financière étouffante, une question se pose : pourquoi la France n’utilise-t-elle pas cette manne patrimoniale pour rembourser sa dette ?
L’or n’appartient pas au gouvernement, mais à la Banque de France
L’or fait partie des actifs extérieurs inscrits au bilan de la Banque de France au titre de sa participation à l’Eurosystème, tandis que le budget général de l’État assure ses missions et le paiement de ses intérêts via la collecte d’impôts et l’émission de titres de dette.
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L’étanchéité juridique entre les deux bilans empêche tout transfert direct. Le gouvernement ne peut pas piocher dans le bilan de la banque centrale pour combler ses déficits. Une telle opération constituerait un financement direct de l’État par l’institut d’émission – l’équivalent moderne de la « planche à billets » –, une pratique strictement interdite par l’article 123 du traité sur le fonctionnement de l’Union européenne. L’appréciation de l’or renforce la solidité théorique du garant de la monnaie, mais elle n’apporte aucune marge de manœuvre d’emprunt à l’Agence France Trésor.
301 milliards d’or face à 3 536 milliards de dette : le choc des échelles