Par
Farah Sadallah
Publié le
8 sept. 2026 à 7h30
« Nous, les contractuels, nous sommes les derniers maillons de la chaîne », affirme désabusé Erwan Grignoux, professeur d’EPS non titulaire. Cet habitant de Nantes (Loire-Atlantique) âgé de 27 ans n’a toujours pas été affecté à un poste d’enseignant en éducation physique et sportive, dans un établissement scolaire du second degré. Résigné par la situation, il réfléchit à changer de métier.
Cyberattaque contre l’Éducation nationale : Erwan, prof d’EPS, songe à changer de métier
Depuis la cyberattaque qui a paralysé les logiciels de l’Éducation nationale cet été, plusieurs outils numériques sont toujours suspendus, comme les messageries des enseignants et du personnel du service public, empêchant ces derniers de communiquer entre eux, notamment sur les postes à affecter, mais aussi d’avoir des listes d’élèves fiables, ou encore de rentrer les notes.
« J’ai peur de ne pas avoir de place pour cette année »
Cette situation touche directement Erwan, qui a décidé de se réinscrire à France Travail afin d’ouvrir ses droits au chômage.
Pour les contractuels, notre contrat était prolongé les mois de septembre si nous n’avions pas d’affectation afin de diminuer notre précarité. Mais cette année, nous n’avons rien eu.
Erwan Grignoux, professeur d’EPS non titulaire
Même si Erwan reconnaît attendre souvent septembre avant de connaître son affectation, cette fois-ci, la situation semble différente. « J’ai appris que les affectations des titulaires en zone de remplacement ont été grandement retardées, et nous, nous passons après eux. J’ai peur de ne pas avoir de place pour cette année », explique-t-il, avant de préciser que, contrairement à d’autres matières, l’EPS disposerait de peu de postes par rapport au nombre de candidats disponibles.
« Nous n’avons pas le choix d’être adaptables »
Néanmoins, Erwan a toujours réussi à obtenir une affectation. Depuis quatre ans, il a pu exercer au lycée professionnel Michelet et au lycée Clemenceau. « J’ai eu la chance d’avoir un poste à temps complet à chaque fois, ce n’est pas le cas de tous mes collègues en EPS », affirme-t-il. Le professeur de sport pointe une situation précaire qui dure depuis longtemps.
Nous avons connaissance de nos affectations du jour au lendemain. Nous n’avons pas le choix d’être adaptables et, à force, c’est de moins en moins confortable. Je me pose actuellement la question de changer de métier.
Erwan Grignoux, professeur d’EPS non titulaire
En attendant son affectation, Erwan réfléchit à faire de l’intérim en contrats courts. Car s’il est appelé, il doit pouvoir être disponible rapidement.
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