À Portsmouth, une manifestation contre les migrants a dégénéré dimanche 6 septembre après le sauvetage de 140 personnes. Alors que le gouvernement annonce une baisse des arrivées de 50 %, la tension monte face à de nouveaux itinéraires de passeurs et aux dérives de l’extrême droite.

Ce texte correspond à une partie de la retranscription du reportage ci-dessus. Cliquez sur la vidéo pour la regarder dans son intégralité.

C’était dans la soirée du dimanche 6 septembre à Portsmouth, sur la côte sud de l’Angleterre. Une manifestation violente pour stopper l’arrivée d’un bateau de migrants. À son bord, 140 personnes devaient débarquer après un sauvetage. Parmi les manifestants, une femme. Ce matin, elle raconte. « Je suis ni une rebelle ni une agitatrice. Je suis très inquiète de la tournure que prennent les choses », déplore-t-elle. Le gouvernement condamne ce déferlement de violence. Il justifie son action et annonce avoir réussi à réduire de près de moitié le nombre d’arrivées.

« Les Britanniques ont des inquiétudes légitimes concernant l’immigration, mais les gens ne devraient pas se montrer menaçants comme ils l’ont fait durant la nuit à Portsmouth », estime Emma Reynolds, secrétaire en chef du Trésor. Face aux efforts pour juguler cette immigration, les bateaux ont changé d’itinéraire. »Les passeurs les ont fait partir plus à l’ouest, en France, le long des côtes normandes. Ils ont traversé la Manche en ligne droite jusqu’à Portsmouth. Cette escalade est préoccupante », explique Donna Jones, commissaire de police du Hampshire.

Une escalade qui n’a pas échappé au populiste Nigel Farage. Vendredi 4 septembre, il signait avec Jordan Bardella une charte pour éradiquer l’arrivée de ces bateaux. Dès le lendemain, des hommes masqués ont défilé à Douvres, menaçants, interpellé Nigel Farage a botté en touche. « L’intimidation vient des deux côtés, mais je n’approuve pas ce qui s’est passé à Douvres, que des hommes masqués se rassemblent pour manifester, ou que ce soit, peu importe ce qu’ils défendent », indique le chef du parti d’extrême droite Reform UK.

Ce lundi 7 septembre, une enquête britannique annonce qu’un même activiste serait à l’origine de ces deux manifestations. Les dérives du populisme menacent la Grande-Bretagne.