Six semaines après avoir été limogé par Volodymyr Zelensky, Mykhailo Fedorov, l’ancien ministre ukrainien du Numérique puis de la Défense, annonce la création de sa propre société de défense tech, avec Alex Karp, le patron de Palantir, comme premier investisseur. L’annonce ravive une question de fond : pourquoi les pépites ukrainiennes du drone, des intercepteurs et du commandement numérique se financent-elles à Washington plutôt qu’à Paris ou à Bruxelles ? Pour l’analyste en aéronautique et défense Xavier Tytelman, la réponse tient autant à la fiscalité et à la culture du risque qu’à l’absence de volonté politique européenne, alors que la France ne compte à ce jour qu’une poignée d’accords industriels avec l’Ukraine, loin derrière ses voisins allemands, espagnols ou danois.