Pas d’école, ce mardi 8 septembre, pour les 300 élèves du collège La Durantière à Nantes. En juin dernier, l’agression sexuelle d’une enseignante par un élève a poussé l’équipe à redemander le classement de l’établissement en REP+. Toujours sans réponse du gouvernement après deux mois, l’équipe est entrée en grève. Un rassemblement est prévu ce jour à 14 h.

Ils avaient laissé une dernière occasion de répondre au ministère de l’Éducation nationale. Le délai est passé.

Après une agression sexuelle d’une enseignante par un collégien, en juin dernier, les personnels du collège La Durantière, à Nantes, demandent le classement immédiat du collège en REP+. N’ayant obtenu aucune réponse depuis un premier courrier envoyé le 3 juillet, l’équipe a décidé de se mettre en grève.

Cela fait plusieurs années que l’établissement demande son classement en REP+. Ce dernier permettrait aux enseignants d’obtenir plus de moyens humains pour notamment se consacrer à plus d’initiatives pédagogiques collectives et suivre les élèves dans de meilleures conditions.

Après l’agression sexuelle d’une enseignante le 22 juin dernier, ce classement devient primordial pour le corps enseignant.

« On est arrivé le jour de la prérentrée en espérant avoir des réponses du ministère de l’Éducation nationale de notre courrier du 3 juillet. Sans réponse du ministère, nous avions décidé d’être en grève aujourd’hui, ce que nous sommes », souligne Amélie De Schepper, professeur d’histoire-géographie depuis 2002.

Les personnels de l'établissement sont présents devant les grilles du collège

Les personnels de l’établissement sont présents devant les grilles du collège

© FTV – Denis Leroy

Collège, autorités locales et académiques ont « pris en charge convenablement la situation », souffle l’enseignante qui se désespère du mutisme du gouvernement.

Le silence assourdissant, il vient du ministre de l’Éducation nationale et ça, on ne se l’explique pas, c’est bien pour cette raison que nous sommes en grève.

Amélie De Schepper

Professeur d’histoire géographie au collège La Durantière

Amélie De Schepper l’avoue : « On se sent tous très coupables que notre collègue ait été seule à l’étage, qu’on n’ait pas pu repérer avant des signaux faibles. On a un fort sentiment de culpabilité et on aimerait que ce sentiment soit partagé. Il va falloir que le ministère le partage, le prenne en charge et nous donne les moyens de bien mieux fonctionner pour faire réussir nos élèves. »

Le collège est déjà classé en REP et demande d’obtenir le grade supérieur qui « concerne les quartiers ou les secteurs isolés connaissant les plus grandes concentrations de difficultés sociales ayant des incidences fortes sur la réussite scolaire », précise le ministère de l’Éducation sur son site.

« Tous les indicateurs objectifs montrent que le collège devrait être classé en REP+ », ajoute Perrine Enault, professeur de français depuis une dizaine d’années.

Un rassemblement à la salle de l’Égalité à Nantes est organisé ce 8 septembre à 14 h où des élus sont attendus pour « apporter leur soutien à la mobilisation ».

Malgré la grève, une trentaine d’élèves sans solutions ont malgré tout été accueillis.

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