À l’occasion du 250e anniversaire de la Guerre d’indépendance, Washington accorde 250 000 dollars pour la réfection des jardins et la conservation des collections du château de Chavaniac-Lafayette.

Une première en France. Les États-Unis ont célébré dimanche dans la Haute-Loire la mémoire du marquis de La Fayette, l’un des héros français de la Guerre d’indépendance il y a 250 ans, en annonçant contribuer à la restauration et à la conservation de son château natal.

Il s’agit de la première subvention accordée par les États-Unis à un site français dans le cadre de l’Ambassadors Fund for Cultural Preservation (AFCP), un programme du département d’État qui finance des projets de préservation du patrimoine culturel à l’étranger, a précisé la mission américaine.

(De gauche à droite) Marie Agnès Petit, Présidente du Département de la Haute-Loire et propriétaire du Château de Chavaniac-Lafayette, Madame Jones, Conseillère des affaires culturelles à l’Ambassade des États-Unis à Paris, Madame Mayfield Barbee, Consule des États-Unis à Lyon et Monsieur de Lagarde, sous-préfet de la Haute-Loire.
Château Lafayette/Anne-Laure Delorme- Baruch


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250 000 dollars pour les jardins et les collections

D’un montant de 250 000 dollars (220 000 euros), l’aide américaine sera fléchée vers deux chantiers prioritaires. La restauration d’une partie des jardins, dont « une fontaine néogothique et une cascade à la place du moulin qui fuit un peu de partout », détaille Anne-Laure Delorme-Baruch, directrice déléguée Culture et Patrimoine chez Département de la Haute-Loire au Figaro.

Le parc du château, qui s’étend de vingt hectares, a été conçu à l’origine par l’Américain John Moffat. Celui-ci s’inspira de certains éléments patrimoniaux datant de l’époque de La Fayette tels que le bief de l’ancien moulin, mais eut également à cœur d’inscrire le parc dans son époque en créant des ambiances évoquant les jardins du monde, à la mode d’Albert Kahn : la grande prairie, le jardin de rocaille, la forêt de résineux, la roseraie… En louant cette « figure fondatrice de l’amitié franco-américaine », les participants ont notamment planté deux rosiers, l’un appelé « La Fayette – Héros des deux mondes », l’autre « Général Washington ». La cérémonie a eu lieu dans les jardins de l’imposante bâtisse en pierres volcaniques et basaltiques noires, surmontée par une monumentale tour carrée, dans le petit village de Chavaniac-Lafayette, en présence de représentants du département de la Haute-Loire et de la mission diplomatique américaine en France, coorganisateurs.

La dotation américaine contribuera également à la conservation des collections du French Heroes of Lafayette Memorial Fund, dédiées aux militaires français engagés aux côtés des insurgés américains contre la Grande-Bretagne.

Un travail d’inventaire et de documentation a été lancé sur les appartements privés de style américain de John Moffat, en vue de leur future restauration. « Pour les protéger et les restaurer, il faut les inventorier », résume la directrice déléguée Culture et Patrimoine au département de la Haute-Loire. Au total, 13 000 objets, dont certains ayant appartenu à La Fayette, mais aussi du mobilier, des photographies, des vêtements de la famille de John Moffat ainsi que des œuvres picturales qui sont « principalement des œuvres locales et régionales ».

Le projet prévoit également un renforcement de l’accueil des publics français et américains, « grâce à la production de contenus vidéo, de visites virtuelles, à une couverture médiatique renforcée et à l’organisation d’événements conjoints ».

On aimerait beaucoup que les Américains fassent partie de ses visiteurs

déclare Anne-Laure Delorme-Baruch, directrice déléguée Culture et Patrimoine chez Département de la Haute-Loire.


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L’appel à projets, lancé en avril, a été officialisé en juillet. La subvention AFCP permettra d’engager dès 2026 une première phase de restauration et de conservation sur cinq ans (2026 – 2030). « Ce lieu rappelle que l’avenir se nourrit toujours de l’héritage que nous choisissons de préserver. Un château, deux histoires, l’histoire d’une longue amitié » déclare Marie-Agnès Petit, présidente LR du département de la Haute-Loire.

A l’écart de la nationale, le château, ouvert au public d’avril à novembre, rassemble en moyenne 15 000 visiteurs par an, majoritairement français. « On aimerait beaucoup que les Américains fassent partie de ses visiteurs », confie Anne-Laure Delorme-Baruch.

Layette, « héros des deux mondes »

Gilbert du Motier, marquis de La Fayette (Lafayette en anglais américain), né le 6 septembre 1757, séduit par les idées de la Révolution américaine qui mènera à la guerre d’indépendance des États-Unis contre la Grande-Bretagne, s’engage en 1777, à 19 ans, dans l’armée des insurgés américains. Alors contre la volonté du roi Louis XVI.

Il est rapidement nommé général par le Congrès qui fédère les 13 colonies révoltées contre la couronne britannique et qui avaient proclamé l’indépendance des États-Unis un an plus tôt, le 4 juillet 1776. La Fayette devient l’un des plus proches collaborateurs de leur commandant en chef, George Washington, qui remportera la guerre d’indépendance grâce à l’appui militaire de la France, finalement décidé par Louis XVI à partir de 1778.

La Fayette joue notamment un rôle important en octobre 1781 dans la bataille décisive de Yorktown, à la tête d’une division américaine aux côtés de Washington et des troupes françaises. La victoire franco-américaine force les Britanniques à négocier, jusqu’au traité de Paris qui reconnaît l’indépendance des États-Unis le 3 septembre 1783.