Retrouver son véhicule désossé en partant au travail le matin, c’est ce qui est arrivé à près de 100 000 automobilistes en France l’an dernier d’après les chiffres du Service statistique ministériel de la sécurité intérieure (SSMSI).
Mais cette donnée n’est pas la seule à être frappante, le rapport pointe également un écart important entre Nice et Marseille.
La cité phocéenne mène la course en tête du classement national, alors que Nice est 17e et figure parmi les grandes métropoles les plus épargnées de l’Hexagone.
4 284 vols à Marseille, moins de 300 à Nice
D’un côté, Marseille, devenue la triste « capitale » tricolore de la pièce volée.
Avec 4 284 faits recensés en 2025, loin devant Paris (2 065) et Lyon (1 483), elle affiche un taux de 4,8 victimes pour 1 000 habitants.
À l’échelle départementale, les Bouches-du-Rhône virent largement en tête du classement national (7 363 faits).
De l’autre, Nice ne pointe qu’au 17ᵉ rang national, avec 282 vols signalés (soit 0,8 pour 1 000 habitants).
Un chiffre orienté à la baisse qui fait figure d’exception remarquable pour la cinquième ville de France.
Proportionnellement à sa population, la capitale azuréenne fait d’ailleurs mieux que plusieurs communes voisines du département : Cannes, Antibes, Menton ou Le Cannet affichent des taux d’infractions pour 1 000 habitants supérieurs à celui de Nice.
Pot d’échappement et rhodium : la ruée vers l’or
Comment expliquer un tel fléau au niveau national ?
Le modèle économique du vol automobile a muté.
Au-delà des vols d’opportunité qui alimentent les sites de vente de seconde main sur Internet, ce marché est souvent orchestré par des filières internationales organisées, notamment vers l’Europe de l’Est.
Dans le viseur en priorité : les pots d’échappement.
Ils contiennent des métaux rares, notamment le très convoité rhodium, dont le cours a dépassé celui de l’or ces dernières années.
Face à ce trafic, la justice rappelle que la loi ne s’arrête pas aux voleurs : les acheteurs et receleurs de pièces d’occasion d’origine douteuse risquent jusqu’à 5 ans de prison et 350 000 euros d’amende.
Le « chiffre noir » des victimes
Si le ministère de l’Intérieur a comptabilisé 95 311 plaintes pour vols de pièces et de carburant dans l’Hexagone en 2025, les chiffres sont encore loin de la réalité.
On estime que seules 22 % des victimes déposent plainte.
Faute de garanties suffisantes au contrat d’assurance ou face à des franchises trop élevées, près de huit automobilistes sur dix renoncent tout simplement à déposer plainte.