Sans grande surprise, le tribunal correctionnel de Grenoble a décidé, ce mardi 8 septembre, de renvoyer le procès de Bernard Bensaid, ancien président-directeur général du groupe AVEC, à la date du 2 février 2027. À la suite d’une suggestion des avocats de la défense, il a également été décidé que l’audience débutera à 9 h et se tiendra sur une journée, et non une après-midi comme prévu initialement.

Prévenu de prise illégale d’intérêts et détournement de fonds, l’ex-patron, qui avait repris en 2020 l’Union mutualiste pour la gestion du Groupe hospitalier mutualiste (UMG-GHM) de Grenoble, ne s’est pas présenté à l’audience ce mardi, mais ses deux avocats Mes Vincent Desry et Xavier Iochum étaient bien là, tout comme les avocats des parties civiles ou encore le délégué syndical FO du GHM, Thierry Carron.

Lors de cette audience, la présidente du tribunal a fait savoir que la demande de dépaysement du procès formulée par la défense « a été rejetée le 31 juillet 2026 par le procureur général de la Cour de cassation » qui a donc « estimé que le tribunal judiciaire de Grenoble était en capacité de statuer sur ce dossier ».

Pour rappel il est reproché à Bernard Bensaid, 65 ans, d’avoir, à la suite de la reprise du Groupe hospitalier mutualiste, siphonné la trésorerie du GHM pour alimenter celle du groupe “Avec” par l’intermédiaire de prêts et d’une convention pour la fourniture de services support facturés à des prix exorbitants. Le montant non remboursé de ces prêts s’élevant à 6,4 millions d’euros et la convention portant sur une vingtaine de factures pour un montant total de 4,2 millions d’euros. Le groupe Avec est d’ailleurs prévenu de recel de prise illégale d’intérêts et détournement de fonds.

Un autre dossier jugé en février

Si, pour l’accusation, ces remontées d’argent tombent sous le coup de la loi, c’est que, comme le précisait le procureur de la République de Grenoble Étienne Manteaux en octobre 2025 lorsqu’il avait requis le renvoi de Bernard Bensaid devant le tribunal correctionnel de Grenoble, ces fonds prélevés proviennent des caisses d’« un établissement chargé d’une mission de service public et pas une clinique purement privée ». Le procureur rappelant alors effectivement que 80 % du chiffre d’affaires du GHM est constitué de dotations versées par l’Agence régionale de santé.

Ce mardi, Bernard Bensaid était également appelé à comparaître devant ce même tribunal correctionnel de Grenoble dans le cadre d’une seconde procédure d’abus de biens sociaux. Une affaire qui concerne la clinique de Chartreuse, basée à Voiron, et elle aussi dans le giron du groupe Avec depuis 2020 avant d’être reprise, en avril dernier, par le groupe Noalys. « Il est reproché à M. Bensaid d’avoir imposé à la clinique de consentir une convention de prêt de trésorerie à la société DG Santé appartenant au groupe Avec. 270 000 € ont été virés dans le cadre de cette convention en décembre 2022 et seulement 70 000 € ont été remboursés », indiquait Étienne Manteaux en octobre dernier.