Son quotidien, ce sont ses résidents âgés de 69 à 98 ans qu’elle connaît tous par leur prénom. Aline Briot dirige depuis 2019 une résidence pour seniors basée à Perpignan. Elle peint aussi, et joliment, des séries de petits personnages très colorés donnant vie à ses propres émotions. Ses œuvres, signées Daïna, sont actuellement exposées sur les murs de la résidence et remportent un vif succès.

« Je ne suis qu’une modeste artiste peintre amateur et si je me suis lancée dans cet art il y a maintenant quatre ans, c’est suite au décès de ma maman, emportée par un cancer à 64 ans. J’avais besoin de ressortir ce trop-plein d’émotions, de sensations, de tristesse infinie que je ressentais dans chaque fibre de mon corps. Et j’ai choisi pour les exprimer la peinture et surtout un besoin de jeter sur la toile des couleurs vives, sorte de pendant nécessaire à la noirceur de mon deuil… », résume Aline Briot, la quarantaine, directrice depuis 2019 de Oui seniors Perpignan prestige.

« La peinture m’apaise et m’apporte cet espace de liberté »

De fait, comme le précise si justement Aline, la quarantaine, de son nom d’artiste Daïna (sa maman s’appelait Andrée Daïna), cette belle aventure née de larmes est avant tout « une histoire de cœur. Je suis et j’ai toujours été une hypersensible. Depuis toutes ces années, je côtoie auprès de mes adorables résidents, âgés de 69 à 98 ans, que j’appelle par leur prénom, ce que la vie a de plus beau, de plus attendrissant, mais aussi de plus fragile… La peinture m’apaise et m’apporte cet espace de liberté, après le travail et des journées qui ne sont pas toujours calmes, reposantes et baignées de rose. Mon équipe et moi-même affrontons régulièrement la maladie, parfois la détresse psychologique, et hélas aussi la mort. Mes émois se lâchent. Deviennent des couleurs gaies, toniques, vivantes, lumineuses et intenses. J’aime qu’ils vibrent, attirent le regard et surtout transmettent quelque chose ».

Aline ou plutôt Daïna, maman de deux très jeunes filles, rend ainsi hommage à sa mère adorée en signant ses toiles de son nom. « C’est une façon pour moi de faire vivre sa mémoire et de la garder un peu à mes côtés à travers chacune de mes créations ». Elle avoue peindre au marqueur Posca et acrylique, dans toutes les positions : « Je suis debout, couchée, à genoux, assise, peu importe, j’ai mal partout, mais nécessité fait loi ! ».

Très colorés, aux tons vifs et joyeux, petits personnages sont tous reliés par le fil de la vie. Et du coeur.

Très colorés, aux tons vifs et joyeux, petits personnages sont tous reliés par le fil de la vie. Et du coeur.
L’INDEPENDANT – MICHEL CLEMENTZ

En ce moment, elle fait profiter ses résidents – qui, confie-t-elle, sont « agréablement surpris » quand il la découvre – de son exposition personnelle d’une bonne trentaine de toiles divisées en quatre thèmes. Et dont chaque tableau porte une onomatopée amusante. « Je les ai accrochées tout au long du couloir. Leurs couleurs vives attirent les regards. Après, chacun est libre d’apprécier ou pas ».

Enfin, ce qui comble le plus de joie l’artiste, c’est le regard fier et les encouragements de ses proches. Dont Thérèse, sa grand-mère âgée de 94 ans, également résidente à Oui seniors, et qui arpente d’un pas vif le long couloir des émotions de Daïna.