Les violences «se sont déclenchées quelques heures après la prise en compte, par les effectifs de la police nationale, d’un chauffeur ayant adopté une conduite dangereuse et ayant pu commettre un refus d’obtempérer», a indiqué la préfecture.
Le conducteur retrouvé blessé par balle à la tête lundi 7 septembre dans la soirée à Chambéry en marge d’un contrôle routier, des faits qui ont déclenché des violences urbaines à Chambéry, est décédé, annonce mardi le procureur de Chambéry. Une autopsie sera menée mercredi afin de «déterminer plus précisément les causes exactes du décès», précise dans un communiqué le parquet, qui a évoqué des premiers éléments de l’enquête excluant des tirs policiers, la piste d’une tentative de suicide ou d’un tir accidentel du conducteur étant étudiée.
D’inhabituelles violences urbaines ont éclaté dans la nuit de lundi à mardi dans plusieurs quartiers de Chambéry avec des feux de véhicules et des dégradations de commerce, après ce contrôle routier.
La voiture zigzaguait à faible allure
Les violences urbaines ont éclaté après un contrôle routier mené par la police sur un véhicule visiblement dangereux, vers 19h45 lundi, relate le parquet. Il refuse d’obtempérer. Quelques minutes après, le véhicule s’arrête et les policiers découvrent alors le corps d’un jeune homme d’une vingtaine d’années qui «tombait» sur le siège passager, avec une flaque de sang due à une blessure à la tête. Selon une source policière, la voiture zigzaguait à faible allure avant de s’arrêter, alors que son conducteur était grièvement blessé par balle.
Les violences qui ont suivi «pourraient, sous toute réserve, être le résultat d’une rumeur liant la situation médicale de la victime et sa blessure sérieuse à l’intervention des fonctionnaires de la police», a indiqué à l’AFP le procureur de la République de Chambéry, Xavier Sicot.
Les premières investigations ont exclu la piste de tirs policiers car aucune de leurs munitions n’a été utilisée et aucune trace d’un tir provenant de l’extérieur n’a été relevée sur le véhicule, selon le parquet. La piste du suicide ou d’un tir accidentel est donc étudiée par les services de la police des polices (IGPN) qui ont été saisis, a-t-on précisé de même source dans un communiqué.
«Il y a sans doute eu une confusion sur l’implication éventuelle de la police dans la blessure du jeune (conducteur) et très vite, c’est parti comme une traînée de poudre sur les réseaux sociaux», a indiqué à l’AFP une source proche du dossier.
Deux sections de la CRS 83 sont venues en renfort
Les incidents ont secoué plus particulièrement les quartiers du Biollay, Chambéry-le-Haut et la commune limitrophe de Cognin avec, selon les autorités, «plusieurs dizaines d’individus déterminés» qui «ont mis, ou tenté de mettre, le feu à des véhicules, des poubelles, des bâtiments privés et des édifices publics», et ont aussi dégradé plusieurs commerces. Dans la nuit, deux sections de la CRS 83 sont venues en renfort et «le dispositif sera maintenu et adapté aussi longtemps que nécessaire», précise la préfète Vanina Nicoli.
La mairie, interrogée par l’AFP, a recensé des dégâts importants: le centre social du Biollay, qui avait déjà été incendié lors d’émeutes en 2023, a été totalement détruit par le feu, une agence du bailleur social Cristal Habitat a été «dévastée» et un supermarché a été vandalisé, dans ces quartiers classés en politique de la ville mais traditionnellement très calmes. Six véhicules ont également été incendiés.
Le maire divers gauche, Thierry Repentin, a appelé de son côté au «calme» et «à la mesure» sur les réseaux sociaux. Il réclame également au ministre de l’Intérieur des «forces de police en nombre suffisant», regrettant la présence de seulement «trois policiers» lundi soir avant les faits dans une ville de plus de 60 000 habitants.
S’agissant de la personne décédée des suites de ses blessures, le parquet de Chambéry a ouvert une enquête judiciaire pour rechercher les causes des blessures constatées et les services de la police des polices (IGPN) ont été saisis «afin de déterminer l’origine de ces blessures, pour lesquelles pour l’heure il ne peut être fait aucun lien avec l’action police engagée dans le cadre du contrôle routier», ajoute la préfecture.