Jean-Noël Barrot a annoncé ce mardi que la France allait cesser le commerce avec les colonies israéliennes situées en Cisjordanie pour ne pas « soutenir une situation qui menace la sécurité des Israéliens comme des Palestiniens ainsi que la paix et la stabilité dans la région. »

« Des niveaux sans précédent de violence ». Dans un post publié ce mardi 8 septembre sur X, Jean-Noël Barrot annonce que la France, avec onze autres pays, prévoit de « mettre fin » au commerce avec les colonies israéliennes situées dans les Territoires palestiniens occupés.

Le ministre des Affaires étrangères a pris en compte la situation en Cisjordanie où la colonisation se poursuit en dépit du droit international et les violences de colons extrémistes s’amplifient. Les autorités israéliennes, elles-mêmes ont condamné des « actes de terreur. »

« Cette situation délétère porte une atteinte grave à la dignité du peuple palestinien. Elle hypothèque la sécurité d’Israël à laquelle la France est indéfectiblement attachée. Elle compromet la solution à deux États, seule alternative à l’état de guerre permanent. Aucune paix durable n’est possible au Moyen-Orient sans que la sécurité d’Israël soit strictement garantie », argue le chef de la diplomatie française.

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Les voix du Royaume-Uni, du Canada, du Danemark, de l’Espagne, de la Finlande, de l’Irlande, de l’Islande, de la Norvège, de la Pologne, le Portugal et de la Suède se joignent à celle de la France. Concrètement, ces pays entendent imposer « des restrictions nationales au commerce de biens avec des colonies illégales. »

« La France ne saurait, par son commerce, soutenir une situation qui menace la sécurité des Israéliens comme des Palestiniens ainsi que la paix et la stabilité dans la région. L’Europe doit se tenir à la même exigence », écrit encore le ministre.

Pas un boycott

« Cette décision est conforme au droit international », défend le Quai d’Orsay. Et « cette mesure d’interdiction ciblée des colonies ne constitue en rien une mesure de boycott d’Israël », a-t-il souligné.

L’Irlande et l’Espagne ont déjà pris des mesures contre les échanges avec les colonies israéliennes, et la France pousse depuis des semaines pour une décision similaire à l’échelle de l’Union européenne, premier partenaire commercial d’Israël.

Faute d’obtenir un consensus, Paris a décidé de passer à l’action au niveau national.

La France argue que la dégradation de la situation en Cisjordanie et à Jérusalem est, avec une accélération de la colonisation, compromet la perspective d’un État palestinien viable.

« Et nous regrettons qu’aucune mesure suffisante n’ait été prise » par le gouvernement israélien, a expliqué le Quai d’Orsay tout en estimant que « cela ne remet absolument pas en cause le fait qu’Israël demeure un partenaire économique de la France ».

« Nous aurons avec Israël des échanges économiques et commerciaux et nous continuons à nous opposer aux tentatives de boycott discutées au niveau national », a-t-il dit.

Interrogé, le Quai d’Orsay n’était pas en mesure de préciser les modalités de cette décision comme la nécessité de légiférer et produits spécifiquement ciblés. Il n’a pas précisé non plus quel volume d’importation pourrait être affecté par les futures restrictions et à quelle échéance.

En juillet, les députés irlandais avaient voté un projet de loi interdisant l’importation de produits en provenance de colonies israéliennes dans les territoires occupés.

Ce projet concerne l’importation de biens agricoles, industriels, etc. mais pas le commerce de services avec ces colonies.