La ville de Nancy a lancé en début d’année un appel d’offre pour la gestion du marché central de Nancy. Sur trois candidats intéréssés, une seule proposition a été déposée par la CCI de Meurthe-et-Moselle. Cette offre vient d’être rejetée. François Pélissier, président de la CCI, réagit.

Courrier du maire en main, François Pélissier, le président de la Chambre de commerce et d’industrie de Meurthe-et-Moselle rejette en bloc les motifs avancés pour écarter son offre : « Lorsqu’on lance un cahier des charges qui stipule précisément que c’est justement un projet de cahier des charges et qu’il appellera à une négociation avec les offres reçues pour essayer de trouver le meilleur compromis sur la solution, et au regard du travail qui a été fourni par toute une équipe de juristes, d’économistes et des commerçants du marché, la ville nous oppose un certain nombre de problèmes de droit, qui sont non recevables de notre point de vue et voilà que l’on se retrouve dans un abandon de procédure, en plein milieu du travail. Je rappelle que les grands opérateurs qui s’étaient montrés intéressés n’ont déposé aucune offre. Avouez quand même qu’il y a un niveau de mépris qui n’est pas recevable. Donc, nous allons continuer notre combat car ce marché central doit être une locomotive pour le commerce de centre-ville. Je ne souhaite pas engager un bras de fer mais j’appelle à la concertation sur la base du travail sérieux que l’on a fait. Sinon, nous ferons valoir nos droits car nous avons dépensé beaucoup d’énergie et d’argent dans ce dossier ».

illustration agrandir l'image François Pélissier, président de la Chambre de commerce et d’industrie de Meurthe-et-Moselle © Maxppp – Cédric Jacquot L’offre ne répond pas au cahier des charges

Franck Muratet, adjoint au maire en charge du développement économique regrette cette situation mais il insiste sur cette question de droit qui empêche la ville de retenir l’offre de la CCI : « C’est vrai que nous cherchons un exploitant sur un temps long qui va porter l’investissement, qui va prendre un certain niveau de risques en délégation de service public (DSP), et aujourd’hui la seule offre que nous avons reçue est celle de la CCI et cette offre ne répond pas complètement au cahier des charges et nos services ont conclu que cette offre de la CCI était irrégulière car trop éloignée du cahier des charges que nous avons posé. En clair, le projet de la CCI se base sur du temps court et ne répond pas aux demandes d’investissements attendus. Ce débat sera abordé lors du prochain conseil municipal le 28 septembre ».

« jusqu’à 45 degrés au niveau des genoux cet été »

Les représentants des commerçants du marché central se désolent de cette situation, à l’image de Philippe Marchand, de la célèbre fromagerie du même nom « Je vous avoue franchement que je suis en colère, on a un sentiment d’abandon total. Cela fait plus de 4 ans que nous travaillons avec tous les acteurs pour sortir ce marché de son marasme, et là, on a l’impression de revenir 30 ans en arrière. Pourtant, il y a urgence à rénover ce marché après l’été caniculaire que nous venons de traverser. Moi dans ma boutique, certains ont fait valoir leur droit de retrait. On avait 45 degrés au niveau des genoux et tout ce que la ville avait à nous dire, c’est de fermer les après-midi. Non ce n’est pas possible ».

« On en a marre »

Arnaud Géradin, patron du restaurant l’Impromptu et co-président de l’assocoiation des commerçants du marché central ne cache pas non plus son agacement « Il y a urgence parce qu’actuellement nous sommes dans un flou artistique total. Nous n’avons aucune projection sur l’avenir, on ne sait pas si on peut engager des travaux, on ne sait pas si on peut embaucher des salariés, ceux qui souhaitent vendre ne le peuvent pas parce qu’aujourd’hui les établissements ne sont absolument pas vendables. On en a marre, ça fait 4 ans que tout est en stand-by. Ce n’est plus possible ».

Le montant des travaux nécessaires est évalué à environ 6 millions d’euros.