Beaucoup passent sans le savoir au pied de cette plante vénérable, qui se déploie sur une haute treille de 9 mètres de long, devant un immeuble à côté de la Porte d’Aquitaine, entre une enseigne McDo et la carotte d’un bureau de tabac. Le cep est pourtant imposant, protégé d’un étui, qui plonge ses racines sous le béton et grimpe à plus de six mètres du sol.

Les petites grappes donnent un « joli fruit, sucré », tout à fait propre à la dégustation et qui se révélerait « tannique, élégamment rustique ».
Thierry David / SO
Cépage rare
Il aurait été planté par une certaine famille Duverger, à la fin du XVIIIe siècle. « On comptait six pieds à l’origine et celui-là est le seul conservé », relaie Sébastien Coste, des espaces verts de la Métropole, qui entretien depuis une vingtaine d’années cette vigne, en partenariat avec le Domaine de Chevalier (Pessac-Léognan) : essentiellement la taille et « l’effarouchage des étourneaux » à l’occasion. « Elle n’est pas traitée. C’est une plante incroyablement résiliente. »
Le cépage aussi rare que rustique est un Tchacouli noir, parfois appelé « Burdigala », lointain cousin du vin blanc basque Txacoli. « Cette année, il a bien profité », s’enthousiasme Rémi Edange, du Domaine de Chevalier. Les petites grappes donnent un « joli fruit, sucré », tout à fait propre à la dégustation et qui se révélerait « tannique, élégamment rustique. »

Le rendement de cette vigne perchée ? « Environ quatre bouteilles », estiment les vendangeurs.
Thierry David / SO
« Environ quatre bouteilles »