« C’est un grand effacement », attaque d’emblée Jeanne Barseghian. À ses côtés pour sa rentrée politique, ce mardi 8 septembre : quatre des cinq élus (*) du groupe écologiste, citoyen et communiste “Strasbourg Juste et Vivante”. « Nous souhaitions communiquer notre regard sur les six premiers mois de Catherine Trautmann », présente l’ancienne maire, siégeant désormais dans l’opposition.
L’effacement ? « Un ensemble de renoncements, et surtout d’annulations et de suspensions d’actions déjà lancées. « La gomme n’est pas un projet municipal pour Strasbourg ! » image Germain Mignot. « Nous avons assisté aux diverses rentrées – scolaire, culturelle et économique –, nous n’avons senti aucune vision, entendu aucune annonce. Et au mieux des appropriations », dézingue Jeanne Barseghian.
Les bénéfices du mandat précédent
Sur le volet Culture, elle enfonce le clou. Augmentation du budget, rénovation du patrimoine (Musée zoologique, Laiterie)… à ses yeux, l’actuelle édile tire les bénéfices du mandat précédent. La sortante dénonce « l’augmentation des tarifs des musées », ainsi qu’« une censure d’illustration pour les médiathèques ». Et fulmine plus que tout à propos du dossier de rénovation de l’opéra retardé. « Et celui du théâtre de Hautepierre ? »
« Cet effacement, on le voit aussi sur les solidarités, prolonge Floriane Varieras. On a du mal à cerner la volonté et quel adjoint les portent. » L’ancienne adjointe en charge du sujet pointe qu’« au contraire de la promesse de premiers mètres cubes d’eau gratuits, l’eau va coûter plus cher ». Et déplore par ailleurs « le silence sur la victoire du recours historique de la Ville contre l’État en matière d’hébergement d’urgence », invitant à une clarification : ces fonds seront-ils fléchés vers « la création de places ou… le centre de la Montagne-Verte » ?
« Nous porterons la voix des associations, collectifs et organisations syndicales »
« On bataillera pied à pied pour défendre nos mesures de mandat et de campagne, appuie Jeanne Barseghian, qui reste éco-conseillère de profession (**). Nous porterons la voix des associations, collectifs et organisations syndicales, des Strasbourgeois. » Mais pas de travail en commun avec les Insoumis, ce malgré des « combats communs » [et l’alliance électorale de mars].
« On sera là pour résister à l’ordolibéralisme » de l’actuelle maire et de ses alliés de droite, l’ordolibéralisme qui fait le lit de l’extrême droite, lance pour sa part Syamak Agha Babaei, l’ancien premier adjoint en charge des finances.
Le budget va être instrumentalisé
Germain Mignot, lui, souligne combien « la parole des habitants est rendue inutile » par la remise en cause de démarches participatives : aménagement de la place d’Ostwald et du quartier Gare, square Ilse-Totske… Le communiste appelle l’exécutif à leur respect, ainsi qu’à « une visibilité pluriannuelle pour les associations ». Thierry Kuhn, de son côté, se désespère que « la végétalisation », soit aussi en pause : « Dans les cours d’école, ça a été étudié avec les enfants, c’est un bon exemple d’éducation à la citoyenneté. Elle bénéficie de l’expertise d’usage, le climat n’attend pas un audit ! »
« Appartient-il à un cabinet de conseil de fixer l’avenir de notre ville ? », questionne à ce propos Syamak Agha Babaei. « On assume la dette, à un niveau jugé acceptable de 12 ans, engagée pour une politique sociale, climatique, culturelle… Le budget va être instrumentalisé pour justifier ce grand effacement », anticipe le conseiller d’opposition.
« Baisse du tarif du stationnement, rallumage nocturne de l’éclairage public, nouvelle arche au marché de Noël » : si vraiment les finances sont dans le rouge, pourquoi ces mesures dépensières ? » achève Jeanne Barseghian.
* Nadia Zourghui était excusée.
** Actuellement en recherche dans le transfrontalier.