On aura rarement vu, réunis pour un même événement, autant de propriétaires et de dirigeants de grands domaines. De Pauillac à Saint-Émilion, de Pomerol à Pessac-Léognan, de Sauternes à Margaux, ils étaient des dizaines à être venus découvrir le verdict. Michelin est manifestement une marque puissante.

« Sur le modèle de ce que nous faisons dans plus de 70 pays pour les restaurants, et depuis 2024 pour les hôtels (des clefs sont décernées), les grappes viennent récompenser l’excellence. Elles seront revues tous les ans », a expliqué Gwendal Poullennec, directeur international du guide.

Qualité globale

Après la Bourgogne en juillet, la deuxième étape passait donc à Bordeaux. Au total, 62 propriétés sont récompensées : 9 obtiennent trois grappes, 16 en ont deux et 37 en ont une (1). Cinq critères ont été pris en compte : la qualité du terroir, la maîtrise des phases techniques dans les chais, l’identité du lieu à travers la « patte » des propriétaires, le goût et la qualité du vin lui-même, enfin, la tenue de cette qualité dans le temps, c’est-à-dire la capacité de vieillissement. Les grappes récompensent un domaine viticole dans sa globalité et non, comme on aurait pu le croire pour un guide, sa seule capacité à bien recevoir les visiteurs (œnotourisme).

On aurait peut-être aimé plus d’audace

« Nos équipes vont être folles de joie » a réagi, à l’annonce du palmarès, Marielle Cazaux, directrice de la Conseillante (Pomerol) qui a décroché trois grappes. « Dans le vin, il y a plusieurs vérités et nous avons ce soir toute cette diversité », a commenté Lorenzo Pasquini (château d’Yquem, 3 grappes). « Bordeaux est fidèle à ses valeurs mais n’est pas figé », a noté Blandine Manoncourt. Son château Figeac est passé au sommet lors du classement de Saint-Émilion en 2022 et pointe aux premières loges du Guide Michelin.

On notera que la quasi-totalité des lauréats 2026 sont des châteaux installés et reconnus. Des membres, parfois, des plus grands classements déjà existants (1855, Saint-Émilion, Graves). On aurait peut-être aimé plus d’audace, découvrir des pépites restées dans l’ombre. « C’était ce soir une première sélection, ça viendra sûrement les années suivantes », a conclu Gwendal Poullennec.

(1) Liste à laquelle il faut ajouter 21 domaines « recommandés ».