Publié le
8 sept. 2026 à 19h30
Cette femme de 38 ans, porte les ravages de la drogue sur son visage et son corps maigres. Son addiction et les délits qui l’ont accompagnée, depuis ses 18 ans, lui ont fait passer, au total, trois années de son existence en prison. Elle risquait fort d’y retourner pour longtemps, lundi 31 août 2026, lorsqu’elle est passée en comparution immédiate devant le tribunal de Saint-Malo.
Refus d’obtempérer à un contrôle
Une semaine auparavant, elle a refusé d’obtempérer lors d’un contrôle de gendarmerie. Au volant d’une voiture empruntée à une amie, « elle passe lentement devant les militaires, la vitre conducteur baissée, mais accélère lorsqu’ils lui demandent de s’arrêter », relate la présidente du tribunal.
Elle s’engage sur la RN 176 à 140 km/h tandis que les gendarmes partent à sa poursuite. Elle roule encore à 100 km/h lorsqu’elle prend la sortie de Dol-de-Bretagne puis la direction de La Fresnais. Elle finit par perdre le contrôle de son véhicule lorsqu’elle entreprend de prendre la route d’Hirel. Sa course s’achève dans un transformateur.
Droguée, sans permis ni assurance
Lorsque les gendarmes la détachent et la font sortir de la voiture, elle tremble de tout son corps et ne parvient qu’après plusieurs essais à effectuer un test salivaire qui s’affiche positif. Elle prétend pourtant ne pas avoir consommé de cocaïne depuis 13 jours. D’autre part, elle fait l’objet d’une suspension administrative de permis pour six mois et le véhicule qu’elle conduit n’est pas assuré.
« Pendant toute la poursuite qui s’est déroulée sur près de neuf kilomètres, vous aviez votre téléphone en main », ajoute la juge à la litanie des infractions. « C’était pour le GPS », se justifie la dame qui vient de passer trois nuits en prison à l’issue de sa garde à vue.
Elle reconnaît la plupart des faits qui lui sont reprochés et les explique par son incapacité à décrocher de la drogue : « Je suis sous méthadone, je pensais m’en sortir toute seule mais je n’y arrive pas, j’ai besoin de cocaïne. »
Vidéos : en ce moment sur ActuAvec de la drogue en détention
À tel point que, le jour de son incarcération, vendredi 28 août, elle a consommé deux doses et conservé une 3e sur elle, avec les ustensiles appropriés. Ce qui n’échappera pas à la fouille corporelle et de cellule dont elle fera l’objet.
Elle explique prendre 2,5 grammes par semaine. « Mais là, j’ai compris la leçon, je ne veux pas retourner en prison. Je vais à tous les rendez-vous mensuels du Csapa (Centre de Soins, d’Accompagnement et de Prévention en Addictologie) mais j’ai compris qu’il me faut désormais aller en cure. » En pleurs, elle dit vouloir que ses enfants, dont elle n’a pas la garde, soient fiers d’elle.
15 mois de prison requis
Elle a fait l’objet de dix condamnations depuis 2017, dont quatre liés aux stupéfiants, avec vols, abus de confiance, etc.
Pour le procureur, Fabrice Trémel, « elle multiplie les mauvais points et s’est ancrée dans la délinquance. Elle demande de la mansuétude mais elle a mis en échec toutes les mesures de suivi qui lui ont été proposées. » Il requiert 15 mois de prison avec maintien en détention.
Une dernière chance avec le bracelet
Son avocate parle « d’ancrage dans la maladie addictive et non dans la délinquance. Elle a perdu son mari en mer, puis son père et cela a été la dégringolade. La détention ne l’aidera pas à se soigner. Nous avons trouvé une clinique qui peut la recevoir en cure pendant 45 jours. Cela sera faisable si vous acceptez que sa peine s’accomplisse avec un bracelet électronique. »
La justice l’a condamnée à un an de prison ferme avec, effectivement, un aménagement sous surveillance électronique et obligation de soins. Au moindre faux pas, cet aménagement sera révoqué et vous irez en prison, l’a avertie la juge.
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