Plus de 500 personnes ont participé ce mardi soir 8 septembre à une manifestation décidée la veille, au pied levé. Alors que le permis de construire et les autorisations environnementales viennent d’être accordés au projet de centre de rétention administrative (Cra) de Nantes, le démarrage du débroussaillage et de l’abattage d’arbres, sans attendre, est vécu comme un passage en force décomplexé de la part de la préfecture ». Et cela, alors que de nombreux recours juridiques sont en cours », rappellent les militants du collectif Colère Nantes – Cra ni ici, ni ailleurs. Ce Cra de 140 places est un lieu où seront enfermées,rue de la Mainguais, les personnes étrangères en situation irrégulière en vue de leur expulsion du territoire français.
Le fait que des terres de l’ancienne Zad de Notre-Dame-des-Landes aient été choisies comme lieu de compensation écologique » est considéré par les militants qui s’étaient donné rendez-vous sous les fenêtres du préfet, comme une provocation, une aberration. On a lutté contre l’aéroport et son monde et on considère que le Cra fait partie de ce monde, a dit un habitant de la ZAD. Il a donné rendez-vous le 10 octobre, dans la Zad, pour un semis revendicatif.
D’autres manifestants, membres de LFI ou encore du Cercle du marronnage, voient dans le Cra un continuum colonial. Ils ne veulent pas laisser s’installer dans le silence, une politique qui fait de l’enfermement des exilés une réponse à leur présence sur notre territoire. Et ils opposent à cette logique leur conviction selon laquelle, toute vie est une vie ». Leur slogan ? Pierre par pierre, mur par mur, nous détruirons les centres de rétention.
La mobilisation est large. Elle va des partis politiques, des militants écologiques, des syndicats aux membres de Lutte et contemplation, un mouvement chrétien. Les personnes présentes ont apporté leur soutien aux six militants qui vont être poursuivis en correctionnelle, après que onze hommes et femmes avaient été mis en garde à vue pour être entrés sur le site, équipées de visseuses et de tournevis ». Ils sont suspectés notamment d’avoir planté de gros clous de charpente dans les arbres.