L’atmosphère était à la communion religieuse et politique ce 8 septembre, à la basilique de Fourvière, à l’occasion du renouvellement du Vœu des échevins et de la Nativité de Marie. « On espère que l’esprit de la Vierge va infuser dans ce foutoir ! », s’esclaffe un parlementaire LR du Rhône. Référence aux dissensions de la droite lyonnaise, sur fond de campagne pour les sénatoriales où s’affrontent quatre listes issues de cette famille politique, et aux bisbilles de l’attelage avec le centre à la Métropole de Lyon.
Rappelons la tradition : en 1643, à la suite d’une série d’épidémies de peste, une procession menée par les représentants de la Ville (le prévôt des marchands de Lyon et ses échevins) se rend à Fourvière demander à la Vierge Marie de protéger la ville contre les épidémies. Depuis, sauf parenthèse au début du XIXe siècle consécutive à la Révolution française, le pouvoir politique, dans une manière d’allégeance, remet chaque 8 septembre un écu d’or aux instances religieuses afin de renouveler le Vœu des échevins, avant d’assister à la bénédiction de la ville par l’archevêque.
« Monter à Fourvière, ça permet de prendre de la hauteur ! »
Il y avait cette année le préfet Etienne Guyot, le président de région Fabrice Pannekoucke, le patron de GL Events Olivier Ginon, moult maires, parlementaires et candidats aux sénatoriales, essentiellement issus de la droite et du centre.
Véronique Sarselli, présidente de la Métropole de Lyon, était au premier rang lors de la messe pour écouter l’archevêque Mgr Olivier de Germay refuser « un monde où l’on s’affronte au lieu de dialoguer ».
Deux bancs derrière elle, Jean-Michel Aulas, son premier vice-président qu’elle a mis en retrait, sur fond d’affaire Abreu. Pour combien de temps ? M. Aulas euphémisait en aparté, ce 8 septembre, sur une « année mouvementée » qui lui avait « appris des choses sur la politique ».
Avec Mme Sarselli, ils se parlent « tous les jours », jure-t-il. « Monter à Fourvière, ça permet de prendre de la hauteur ! », s’exclame Béatrice de Montille, élue du 3e arrondissement, candidate aux sénatoriales, sur la liste de Serge Bérard, le maire de Brignais. « Tout ce beau monde réuni dans la paix du Christ, c’est magnifique », ironise une figure LR locale.
Faute de présence du maire, équivalent contemporain du prévôt des marchands, c’est l’industriel Alain Mérieux qui a remis la médaille, symbole de l’écu d’or, à Mgr Olivier de Germay. Président fondateur du groupe pharmaceutique BioMérieux, ancien vice-président RPR du conseil régional de Rhône-Alpes, M. Mérieux était lui aussi d’humeur œcuménique, glissant dans un sourire au Progrès , peu avant la cérémonie : « Je remets l’écu grâce à Grégory Doucet. Voilà une initiative verte que je salue ! »