À Concarneau, ce mardi 8 septembre au matin, s’est déroulée la prise de commandement du Trolley de Prévaux — en hommage au héros de la Résistance —, tout premier navire d’une série de sept patrouilleurs hauturiers commandés par la Direction générale de l’Armement (DGA). Mis en chantier sous la grande halle en 2024, « le bateau sera terminé à la fin du printemps 2027 », précise Vincent Faujour, président du groupe Piriou. Il s’agit du plus grand navire jamais bâti par le chantier naval concarnois (92 m de long).

À Concarneau, ce mardi 8 septembre, le vice-amiral d’escadre Stanislas de Chargères (à droite), commandant la Force d’action navale, a fait reconnaître le capitaine de frégate Côme Deroide (à gauche) comme commandant du patrouilleur hauturier Trolley de Prévaux.À Concarneau, ce mardi 8 septembre, le vice-amiral d’escadre Stanislas de Chargères (à droite), commandant la Force d’action navale, a fait reconnaître le capitaine de frégate Côme Deroide (à gauche) comme commandant du patrouilleur hauturier Trolley de Prévaux. (Le Télégramme/Gwenn Hamp)Un bond capacitaire

« Ce navire est emblématique. Il est beaucoup plus gros, mieux équipé, plus moderne et aux capacités largement supérieures à ses prédécesseurs », souligne le vice-amiral d’escadre Stanislas de Chargères, commandant la Force d’action navale au sein de la Marine nationale. Le patrouilleur gagne aussi en endurance grâce à une autonomie portée à 6 000 nautiques, soit 30 jours de mer en totale indépendance.

Bâti par Piriou à Concarneau, le Trolley de Prévaux (au premier plan) lance une génération de patrouilleurs hauturiers adaptés aux menaces actuelles.Bâti par Piriou à Concarneau, le Trolley de Prévaux (au premier plan) lance une génération de patrouilleurs hauturiers adaptés aux menaces actuelles. (Le Télégramme/Olivier Desveaux)

Armé par un équipage de 57 marins, le navire surclasse ses aînés par sa polyvalence et sa concentration technologique. Outre sa mission de protection des sous-marins nucléaires lanceurs d’engins (SNLE), en sortie de rade de Brest, son rayon d’action le projettera jusqu’en mer Baltique ou dans le Golfe de Guinée. Pour cela, « ce bâtiment peut aussi mettre en œuvre un détachement commando avec leur embarcation », souligne le capitaine de frégate Côme Deroide, commandant du Trolley de Prévaux. Complété par une plateforme et un hangar pour hélicoptère, le patrouilleur déploie un arsenal redoutable : radar 3D léger, sonar BlueWatcher, capteurs optroniques, canon de 40 mm, détection anti-drones et système antimissile Simbad-RC. « Tout va être piloté à partir du central opération, ce qui permettra d’agir avec une image précise de ce qui nous entoure », ajoute le commandant.

À Concarneau, l’enjeu de ce premier bâtiment, d’une série qui en compte sept, consiste à intégrer les retours d’expérience pour sécuriser la cadence d’une livraison tous les six mois, dès le deuxième patrouilleur hauturier.À Concarneau, l’enjeu de ce premier bâtiment, d’une série qui en compte sept, consiste à intégrer les retours d’expérience pour sécuriser la cadence d’une livraison tous les six mois, dès le deuxième patrouilleur hauturier. (Le Télégramme/Olivier Desveaux)L’alliance de trois concurrents

Pour répondre aux exigences de la DGA, l’État a misé sur un montage industriel inédit : un Groupement momentané d’entreprises solidaires (GMES) scellant l’alliance de trois chantiers concurrents (Piriou à Concarneau, CMN à Cherbourg et Socarenam à Boulogne-sur-Mer). Après un an de réglages entre les deux premiers navires, la cadence passera à une livraison tous les six mois. « Face à ce défi, l’alliance était vitale : aucun de nous n’aurait pu y arriver seul », constate Serge Quaranta, représentant du GMES et P.-D.G des CMN.

Sur le terrain, la contrainte s’est muée en coopération exemplaire. « On s’entend et on travaille très bien ensemble. L’organisation est innovante. On a mis en commun nos bureaux d’études et regroupé nos achats », salue Vincent Faujour. En parallèle du Trolley de Prévaux, Piriou orchestre déjà la suite du programme. « Sur le patrouilleur hauturier numéro 4, la construction est déjà bien avancée », révèle-t-il. Le projet de loi de finances 2027 envisage deux patrouilleurs supplémentaires, dont un pourrait être confié au chantier concarnois.