Il n’était pas revenu à Nancy depuis des années. Thorsten Theys , ressortissant belge de 46 ans, était bel et bien présent ce lundi au tribunal des activités économiques (anciennement tribunal de commerce). Celui qui fut directeur général délégué de l’ASNL, aux côtés de Gauthier Ganaye, le directeur général, réclame 317 000 € au club nancéien : 240 000 € d’indemnités de résiliation du contrat qui le liait, par l’intermédiaire de sa société Leap au club nancéien, mais aussi 70 000 €, qui correspondent à un retard de rémunération de sept mois (de février à août 2023) et 7 000 € d’intérêts sur cette dernière somme.

« C’est simple, nous demandons juste l’application du contrat signé le 1er juin 2022 entre l’ASNL et Leap, la société de mon client. Un contrat d’une durée de 4 ans », a avancé Me Etienne Mangeot, lors d’une audience très technique. « Le 4 septembre 2023, le conseil d’administration du club l’a révoqué et a procédé à la résiliation de la convention signée avec Leap. Or, les termes du contrat liant Leap à l’ASNL ne souffrent d’aucune ambiguïté : le présent accord peut être résilié à tout moment par l’une ou l’autre des parties. L’ASNL peut mettre fin à cet accord en payant une indemnité de résiliation égale à 24 mois de frais fixes et de bonus. Il est donc sollicité de l’ASNL le versement de 240 000 € au titre de l’indemnité de rupture. »

« Dans le mur »

« Le binôme Ganaye – Theys a conduit l’ASNL dans le mur », assure Me Mathieu Ducrocq, conseil du club. L’avocat estime que le contrat avec Leap est « nul, caduque, qu’il fait double emploi avec celui de Thorsten Theys, le mandataire. » La décision a été mise en délibéré au 8 mars 2027.

En juillet 2025, l’ASNL avait remporté le premier match qui l’opposait à l’un de ses ex. Ces derniers ont en effet multiplié les actions en justice – devant le tribunal des activités économiques ou devant le conseil de prud’hommes – suite à la vague de licenciements et de ruptures de contrat intervenus à l’été 2023.

Il y a un plus d’un an, le tribunal des activités économiques avait en effet débouté Gauthier Ganaye , l’ancien directeur général, aux manettes de décembre 2020 à mai 2023, qui réclamait 510 000 € à l’ASNL. L’homme estimait qu’il avait été révoqué et ce, alors qu’il avait signé une convention de mandataire social. La justice, elle, avait au final estimé qu’il avait démissionné. Gauthier Ganaye n’avait pas fait appel de cette décision.

Audience à la mi-octobre pour les joueurs

En mars dernier, et alors que le conseil de prud’hommes de Nancy lui avait donné raison quelques mois plus tôt, l’ASNL avait vu la chambre sociale de la cour d’appel infirmer ce jugement et la condamner à verser 130 000 € d’indemnités à Frédéric Muel , le médecin qui avait géré l’équipe pro durant 14 saisons. La justice avait reconnu que le praticien avait été harcelé moralement.

En mai 2025, ce même conseil de prud’hommes avait estimé que la rupture du contrat de travail, pour cause de licenciement économique, des onze joueurs et du préparateur physique qui avaient assigné le club, n’était pas « abusive ». Les demandeurs ont fait appel et le dossier sera plaidé à la mi-octobre. L’enjeu financier sera là, tout autre. Ils réclament en effet un total de 1,3 million d’euros. Une somme qui, en cas de condamnation, pourrait peser sur le budget du club fixé à neuf millions d’euros.