Tout n’est pas qu’une question de gènes…mais en grande partie quand même ! Une nouvelle étude publiée dans la revue JAMA Network Open apporte de nouvelles preuves qui renforcent l’idée que la longévité exceptionnelle est héréditaire.

Un risque réduit de décès et de maladies cardiovasculaires 

Les personnes qui vivent jusqu’à 100 ans, appelés centenaires, ont fait l’objet de nombreuses études scientifiques. Même si beaucoup de mystère entoure encore la longévité exceptionnelle, celle-ci dévoile peu à peu ses secrets au fil des études. Des chercheurs se sont récemment intéressés à la transmission de la bonne santé et de la longévité des parents aux enfants. Pour cela, ils ont analysé les résultats de trois études longitudinales, dont le but est de suivre le même groupe de participants ou un phénomène sur une période prolongée. Au total, ces recherches ont porté sur 2300 personnes issues de parents centenaires, ainsi que sur plus de 1700 participants dont les parents n’avaient pas vécu aussi longtemps (groupe témoin). 

L’analyse de ces études a révélé que, dans les trois cohortes étudiées, les enfants de centenaires présentaient :

  • un risque réduit de décès par rapport aux participants du groupe témoin ;

  • un risque réduit de maladies cardiovasculaires et d’hypertension par rapport aux participants du groupe témoin. 

Deux des trois études ont également montré que les enfants de parents centenaires avait un risque réduit d’accident vasculaire cérébral (AVC). 

Une vaste étude menée sur des jumeaux remet en question la certitude selon laquelle les gènes n’influenceraient que très peu la longévité. © Halfpoint, Adobe Stock

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Les chercheurs signalent que ces réductions de risque étaient importantes puisque le risque d’hypertension était inférieur de 32% à tout âge, le risque de maladies cardiovasculaires était inférieur de 33% et le risque de décès était réduit de 42%. 


Les enfants de parents centenaires ont un risque significativement réduit de maladies cardiovasculaires et d’hypertension. © ingward, Adobe Stock

Des problèmes de santé qui arrivent plus tard

Mais ce n’est pas tout, l’étude indique que les enfants de centenaires, quand ils développaient des problèmes de santé, ceux-ci survenaient généralement plus tard que chez les enfants du groupe témoin. L’hypertension apparaissait environ cinq ans plus tard, et la mortalité était retardée d’environ trois ans par rapport au groupe témoin.

« La cohérence générale de ces résultats, observés dans des études pourtant très différentes, est particulièrement remarquable et renforce l’idée que la longévité exceptionnelle est héréditaire », explique Eric Reed, chercheur en gérontologie et premier auteur de l’étude. 

Les auteurs de l’étude ont signalé que ces résultats étaient valables même après avoir pris en compte des facteurs externes connus pour augmenter le risque de maladies liées à l’âge (alimentation, tabagisme, niveau d’éducation, statut socio-économique…). Ce qui pourrait signifier que les facteurs environnementaux ont moins d’impact sur la santé des personnes génétiquement liées aux centenaires.

Les centenaires, symbole d’une longévité exceptionnelle, pourraient rester rares pour les générations nées après 1939. © Татьяна Евдокимова, Adobe Stock

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« Cela ne signifie pas que le mode de vie n’a pas d’importance ; adopter des comportements sains reste essentiel pour tous », ont insisté les scientifiques. Néanmoins, ces résultats laissent à penser que certaines personnes issues de familles à la longévité exceptionnelle semblent bénéficier d’avantages biologiques qui les aident à rester en bonne santé malgré les facteurs environnementaux et comportementaux qui nous affectent tous.

Une meilleure résistance au cancer ? 

Les chercheurs précisent qu’ils n’ont pas constaté de baisse significative du risque de cancer chez les enfants de centenaires. L’incidence du cancer était la même chez les deux groupes. En revanche, les chercheurs affirment qu’il est possible que les descendants de centenaires présentent une meilleure résistance au cancer, bénéficiant d’une mortalité par cancer réduite. Ils avancent également l’hypothèse selon laquelle la meilleure santé des enfants centenaires serait en partie liée à un dépistage accru du cancer, qui pourrait détecter des types de cancer à faible risque qui n’affectent pas leur mortalité.